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Et si l’avenir du monde se jouait à Idleb ?

30 août 2018 | 00:41
Mohamed-Nazim Aziri

Cela pourrait paraître exagéré de penser que l’avenir des équilibres géostratégiques dans le monde se joue actuellement à Idleb.
Sauf que l’histoire nous a appris, souvent par le passé, que les grands bouleversements comme les grands changements pouvaient résulter de faits et d’évènements qu’on jugeait initialement sans enjeux capitaux et sans conséquence. Idleb, ignorée par les profanes de la géographie comme bon nombre de villes du Moyen-Orient, s’est fait connaître par la guerre et elle a de quoi inquiéter sérieusement les observateurs ces jours-ci. Une escalade de la situation dans cette ville pourrait avoir des conséquences incontrôlables, dans une conjoncture internationale marquée par une politique de repli, de menaces et d’affrontements verbaux entre les acteurs engagés dans cette partie du monde.
Cette ville située à 330 km de la capitale Damas est le dernier bastion des groupes terroristes, plus particulièrement Fatah al-Cham (nouveau nom du Front al-Nosra après sa scission avec Al-Qaïda) et Ahrar al-Cham. Ils sont considérés comme étant les plus importants. Une attaque d’envergure contre Idleb et éventuellement son recouvrement par l’armée de Bachar Al Assad signifierait tout simplement la chute définitive de l’opposition djihadiste, du moins dans cette région. Mais pourquoi alors l’Occident et ses alliés s’agitent-ils autant, au moment où l’armée syrienne, soutenue par les Russes, a nettoyé le sud et le sud-est du pays de la présence des groupes armés terroristes et devrait, par la bataille d’Idleb, faire un grand pas dans la résolution définitive de la menace en Syrie ?
À scruter l’enchevêtrement des enjeux et des intérêts régionaux engagés, la réponse à la question s’avère des plus difficiles à trouver. En témoignent d’ailleurs les dernières manœuvres engagées par le camp occidental et qui semblent s’orienter vers l’empêchement de toute tentative visant à séparer les « rebelles modérés » des islamistes radicaux ainsi que de tout accord de
« réconciliation » pour mettre fin à la présence rebelle dans plusieurs régions. Sinon, comment expliquer les nouvelles menaces de frappes de Washington et de ses alliés contre la Syrie sous prétexte de fallacieuses attaques chimiques ? Il est par ailleurs certain que le processus de Stotchi et l’accord d’Astana marquent l’avènement d’une première dans l’histoire contemporaine, à savoir l’exclusion de Washington des négociations sur un conflit majeur, qui plus est se déroule au Proche-Orient. Il en résulte notamment et surtout une alliance entre Moscou et Ankara. Un exemple édifiant d’un déséquilibre annoncé dans les relations avec un allié traditionnel et important que l’OTAN risque de voir claquer la porte pour aller rejoindre le camp adverse. La fin de la guerre civile en Syrie n’a pas encore dit son dernier mot. Ceux qui ont déclenché ce conflit en 2011 non plus. Reste à savoir maintenant jusqu’à quel point où les Occidentaux pourront aller pour empêcher la suprématie de l’axe Moscou-Téhéran-Damas…et Ankara dans la région. La bataille d’Idleb nous le dira peut-être.

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