Sports

#TITRE

565

« Escobar » arrêté après deux mois de cavale

17 juin 2016 | 22:38
Redouane Hannachi

Le baron de la drogue Oussama Hanniche alias Oussama Escobar, qui s’est évadé de la prison d’El-Harrach en avril dernier, a été arrêté mardi à Aïn Témouchent. C’est ce qu’a annoncé jeudi, lors d’un point de presse animé au siège de l’institution judiciaire qu’il gère, le procureur de la République du tribunal d’El-Harrach, Mohamed Zaâtout, qui occupait auparavant le poste de procureur général près la cour d’Alger.

Le procureur a affirmé aux journalistes que « le mis en cause a été arrêté suite à une minutieuse enquête menée par les éléments de la police judiciaire de la Gendarmerie nationale en plein cœur de la ville de Aïn Témouchent » .

Le procureur principal a par ailleurs indiqué : « L’évadé a été présenté devant nos instances et a été placé sous mandat de dépôt à l’établissement pénitentiaire de Koléa. »

Il a également fait savoir que « la décision de l’incarcération de l’incriminé a été prise par le juge de la 4e chambre d’instruction du tribunal d’El-Harrach, chargé d’enquêter dans une affaire de trafic de drogue dans laquelle Oussama Hanniche est impliqué ».

Le procureur principal a déclaré également que « le locataire de la prison de Koléa est poursuivi conformément aux graves accusations retenues contre lui par le juge d’instruction du pôle judiciaire du tribunal de Sidi M’hamed et par les magistrats de la chambre d’accusation dans une affaire criminelle liée à la constitution d’une association de malfaiteurs et de trafic de drogue ».

Le procureur a par ailleurs tenu à souligner que « l’inculpé a été arrêté après une cavale qui a duré presque deux mois après avoir bénéficié de la complicité de son avocate pour échapper à la surveillance des gardiens, et ce avant de s’évanouir dans la nature ».

Pour rappel, le détenu, placé sous mandat de dépôt le 28 février dernier pour trafic de drogue, port d’armes à feu, de munitions ainsi que faux et usage de faux, avait réussi à s’évader de la prison d’El-Harrach grâce à la complicité de son avocate.

Celle-ci s’est en effet rendue au pénitencier pour une visite de routine à son client. Après les entretiens, et avant de quitter la prison, elle a remis une robe d’avocat et un badge au détenu pour circuler librement dans les couloirs avant d’arriver à la porte de sortie en toute quiétude.

L’avocate a ensuite quitté les lieux et les gardiens ne se sont rendu compte de l’évasion que dans l’après-midi, lors de la vérification des geôles.

L’alerte donnée, un important dispositif de sécurité a été déployé aux alentours de la prison, sur les routes et les autoroutes, où des fouilles ont été opérées sur des centaines de véhicules, notamment sur l’axe de M’sila, d’où l’avocate et le détenu sont originaires.

Les services de la Gendarmerie nationale ont même mobilisé les unités de Blida, de Boumerdès, de Médéa et de Tipasa pour boucler les villes du Centre. Informé des faits, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, a immédiatement suspendu le directeur du pénitencier et son adjoint, alors que la direction générale de l’administration pénitentiaire s’est constituée partie civile.

Le même soir, un bulletin de recherche avait été lancé à l’échelle nationale alors que la police des frontières avait été destinataire du portrait de l’évadé.

Au même moment, les brigades cynophiles et un hélicoptère ont été mobilisés pour sillonner le Grand-Alger aux fins de localiser ce prisonnier notoirement connu dans le milieu de la drogue. L’affaire ayant pris de ampleur, l’enquête a été confiée à la section de recherche (SRGN) du groupement d’Alger, habilitée pour les grandes investigations.

Le même jour, les enquêteurs de la SRGN ont arrêté ladite avocate, placée sous mandat de dépôt. Selon notre source, « tous les éléments convergent et démontrent que l’avocate, mise en cause dans cette affaire, a planifié l’évasion de son client ». Conduite à Bab Djedid, où elle a été auditionnée, celle-ci a reconnu les faits et les enquêteurs ont révélé qu’elle avait touché une somme de 5 milliards pour organiser cette évasion.

Devant ces aveux gravissimes, les enquêteurs ont auditionné, sur instruction du ministre de la Justice, plus de 20 personnes, dont des gardiens de prison et des détenus proches de Oussama Hanniche. Outre les enquêteurs de la SRGN, M. Louh a dépêché les inspecteurs de son département au pénitencier d’El-Harrach ainsi que des inspecteurs de l’administration générale des pénitenciers pour diligenter une enquête administrative.

Après quoi, le ministre a ordonné la prolongation de la garde à vue de la mise en cause, d’autant que la SRGN soupçonnait l’existence d’un réseau derrière cette évasion organisée. 

Du coup, indique notre source, « il s’agit d’une circonstance aggravante, car un avocat, par définition, est un partenaire de la justice et non le contraire ». Hier, ladite avocate a été entendue par les enquêteurs. De son côté, le procureur de la République près le tribunal d’El-Harrach a prescrit une extension de compétences aux enquêteurs de la SRGN afin d’opérer des recherches et de perquisitionner à M’sila.

Commentaires

    Horaire des prières / ALGER
  • Fadjr: 0
  • Dhohr: 0
  • Assr: 0
  • Maghreb: 0
  • Isha': 0
  • Agenda Officielle

caricature

caricature

SONDAGE

Le Hezbollah libanais est-il un mouvement de résistance ?

Facebook

Twitter