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Engouement pour les produits importés

18 février 2018 | 21:40

A quelques jours de la fin des soldes d’hiver, la fièvre augmente chez certains consommateurs, qui cherchent à saisir l’opportunité de cette période de grands rabais afin de se « relooker », notamment auprès des grandes marques.

Le président de l’Association nationale des commerçants et artisans, Hadj Tahar Boulenouar, regrette cet engouement pour les produits d’importation. « Les soldes sont destinés aux produits nationaux mais, malheureusement, les producteurs algériens, qu’ils soient privés ou publics, sont hors champ », regrette M. Boulenouar. Le président de l’ANCA estime que la culture des soldes est absente dans nos mœurs. Et pour cause, « les commerçants qui veulent solder se retrouvent dans l’obligation de baisser les prix des produits d’importation », souligne-t-il. M. Boulenouar regrette que « la période des soldes en Algérie n’est qu’une manière d’encourager l’importation et non la production nationale. »

Notre interlocuteur nous fait savoir qu’il existe une loi qui régit cette activité économique. C’est une réglementation qui fixe la période des soldes à deux fois par an, en hiver et en été. Il rappelle que cette activité économique a été promulguée par le décret exécutif n° 06-215 du 18 juin 2006. Ainsi, les soldes d’hiver sont fixés entre janvier et février et ceux d’été le sont entre juillet et août. La durée des soldes est de six semaines.

Le président de l’association ajoute que « la loi stipule que la vente en soldes n’est pas obligatoire. Le vendeur qui veut saisir l’opportunité pour liquider son stock doit suivre une opération administrative. Ce dernier doit remettre une demande auprès de la direction du commerce, dans la wilaya où il exerce. Il doit accompagner la demande par des informations, à savoir la nomenclature des produits concernés par les soldes, la quantité exacte ainsi que les deux prix de la vente, soit avant et après les soldes ». Notre intervenant affirme que l’un des objectifs des soldes réside dans l’encouragement de la consommation à des prix réduits.

Il convient de noter que cette nouvelle pratique commerciale en Algérie est restée prisonnière de la seule vente en soldes des produits d’habillement et des vêtements. Les commerçants pensent que les soldes ne concernent exclusivement que le prêt-à-porter et les vêtements. Or dans les pays développés, où la philosophie des soldes et sa culture sont bien ancrées, ces ventes « spéciales » concernent tous les produits, notamment les meubles, les appareils électroménagers, électroniques et même les bijoux ».

Cependant, le président de l’ANCA pointe du doigt « les producteurs économiques algériens qui estiment ne pas être concernés par les soldes de leurs propres produits ». Regrettant cet état de fait, M. Boulenouar tient à signaler que « pendant la période des soldes, on constate un engouement de la part des Algériens pour les achats, ce qui provoque une rupture de stock pour de nombreux produits et articles ». C’est une autre technique commerciale qui permet d’écouler des marchandises et surtout de permettre aux entreprises de doubler leur production ou de rentabiliser leurs investissements.

Pour M. Boulenouar, « dans les pays occidentaux, ce sont les producteurs économiques qui se préparent 2 à 3 mois avant les soldes en appliquant des réductions sur certaines gammes de produits pour permettre aux commerçants de baisser, à leur tour, les prix ». Autrement dit, c’est toute une chaîne qui s’organise en prévision de la saison des soldes.

Mais en Algérie, « les soldes sont en train d’encourager l’importation », regrette-t-il. Toutefois, M. Boulenouar a tenu à insister sur l’importance de cette culture commerciale car,

selon lui, les soldes permettent un écoulement accéléré des marchandises en stock et encouragent les entreprises à investir dans la production locale.

Par ailleurs, le président de l’ANCA évoque un autre phénomène qui décourage les commerçants algériens à exercer la vente en soldes. Il s’agit du commerce informel. En effet, ses multiples réseaux et circuits sont de vrais obstacles qui brise la dynamique du commerçant et le décourage. Tout le monde le sait, l’informel et la contrefaçon, surtout s’ils sont bien établis et enracinés dans la société, sont les ennemis d’une économie basée sur la transparence et la qualité. Pour de nombreux commerçants, ces fléaux sont des motifs de découragement car il est impossible de respecter les normes et les règles tant qu’il existe des phénomènes de cette ampleur. De l’avis des commerçants, l’informel impose les soldes toute l’année.

Pour l’ANCA, « un grand nombre de commerçants « boudent » les soldes vu que sur le marché informel, les ventes se font de façon anarchique. Les vendeurs à la sauvette bradent leurs articles à longueur d’années puisqu’ils n’ont aucune charge, ni de location, ni fiscale, et aucune taxe à payer », dénonce-t-il. « En ce qui concerne les arnaques, certains commerçants soldent des produits de deuxième ou de troisième choix au prix du premier et d’autres annoncent des soldes mais à l’intérieur du magasin, les anciens prix sont ainsi maintenus », révèle le président de l’ANCA.

Rush sur les marques étrangères

Des pancartes, généralement de couleur rouge, sont placardées sur les vitrines des magasins de vêtements de la capitale, mentionnant des réductions de -20% , -30%, -50%, parfois même -80%, provoquant ainsi les fameux rushs particuliers à l’ambiance des soldes. Lors d’une virée aux différents centres commerciaux de la capitale, à l’image d’Ardis, Carrefour et surtout Bab Ezzouar, plusieurs magasins de grandes marques mondiales de vêtements se sont mis aux soldes. Sur place, les propriétaires de ces magasins ont constaté que les soldes d’hiver de cette année ont eu un écho positif auprès des consommateurs. « C’est la première fois que les Algériens s’intéressent autant aux soldes. Depuis le début des soldes, le magasin a reçu un grand nombre d’acheteurs. On est satisfait du chiffre d’affaires », témoigne Katia, vendeuse chez Zara. « La première semaine, tout le personnel était en état d’alerte. On s’activait dans tous les sens. Nous étions vraiment dépassés par la forte demande », conclut-elle.

Mohamed Lyès Boukhari, jeune propriétaire d’un magasin de vêtements pour homme situé à la rue Hassiba-Ben Bouali, à Alger, ne cache pas sa satisfaction : « J’ai atteint 35% de gains pendant cette période. J’ai réussi à liquider ma marchandise avec un bon bénéfice. Je compte faire baisser encore les prix pour pouvoir liquider le reste de mon stock. Ainsi, je doublerai mon rendement. »

Un autre propriétaire d’un magasin à Ben Aknoun est, pour sa part, plutôt favorable à une autre pratique commerciale. « Je multiplie mes opérations promotionnelles tout au long de l’année car je ne veux pas limiter la vente de mes articles à deux périodes par an », confie Hamid, ajoutant que « vu la crise financière dont souffre le pays, notamment les commerçants qui importent des articles à des prix très chers, je ne peux pas vendre un article à 1 000 DA alors qu’il m’a coûté plus de 100 euros ».

Karima témoigne. « J’ai profité de cette période pour acheter tout ce qu’il faut pour le trousseau de ma fille qui se marie bientôt, et surtout à des prix raisonnables », constate cette mère de famille rencontrée à El-Biar, dans un magasin de lingerie féminine. Mais pour la plupart des consommateurs, les soldes, c’est purement une « arnaque ». Pour Nabila, c’est un autre son de cloche. Elle manifeste son mécontentement : « Les annonces des soldes ne sont qu’un appât pour attirer les clients, notamment ceux qui annoncent des réductions

de 80%. Pensez-vous vraiment qu’ils puissent vendre à perte ? ».

D’ailleurs, une polémique a surgi cette saison quand des acheteurs ont crié au scandale et dénoncé des arnaques flagrantes. Certains ont même donné des preuves sur des cas de fraude avérés. De plus, il convient de noter qu’avec le développement des réseaux sociaux, le commerce électronique et l’Internet, les campagnes des soldes risquent de prendre une nouvelle tournure. Elles devraient rester confinées uniquement chez les grands magasins ou les grandes marques.

En promulguant et en fixant les conditions et les modalités de la vente en soldes, cette culture s’installe progressivement dans la société algérienne, même si l’on note quelques irrégularités. Rendez-vous donc pris pour les soldes de l’été 2018.

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