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Emmanuel Macron : « 70 ans de massacres pour imposer la colonisation française »

27 mars 2017 | 20:15
Hocine Adryen

Le candidat à la présidentielle française, Emmanuel Macron est revenu sur la colonisation française en Algérie dans une interview accordée au magazine mensuel L’Histoire où il estime, une fois encore, que ses propos ont été mal interprétés.

Interrogé sur les propos qu’il a tenu à Alger sur la colonisation lors de sa visite le mois dernier et qui lui ont valu une levée de boucliers de la part des nostalgiques de l’Algérie françaises issus de la droite et de l’extrême droite, il enfonce un peu plus le clou : « Lorsque je parle de crime contre l’humanité à propos de la colonisation, je ne traite pas de criminels, je ne parle pas non plus des soldats appelés en Algérie.

On connaît les exactions commises par certains, mais cela n’est pas mon point. Je parle très précisément des conditions mêmes de la colonisation : on sait que les premiers colonisateurs n’ont hésité sur aucun moyen pour conquérir les territoires convoités. Il a fallu 70 ans de guerre et de massacres pour imposer la présence française. Je ne suis pas le premier à pointer ces débordements. Clemenceau le fit dès 1885 », dit-il.

En effet, Georges Clemenceau répondit au discours de Jules Ferry qui soutenait, à la Chambre des députés le 28 juillet 1885, que les « races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures » : « Vous verrez combien de crimes atroces, effroyables, ont été commis au nom de la justice et de la civilisation.

Non, il n’y a pas de droits de nations dites supérieures contre les nations dites inférieures ; il y a la lutte pour la vie, qui est une nécessité fatale, qu’à mesure que nous nous élevons dans la civilisation, nous devons contenir dans les limites de la justice et du droit ; mais n’essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation ; ne parlons pas de droit, de devoir !

La conquête que vous préconisez, c’est l’abus pur et simple de la force que donne la civilisation scientifique sur les civilisations rudimentaires pour s’approprier l’homme, le torturer, extraire toute la force qui est en lui au profit du prétendu civilisateur.

Ce n’est pas le droit : c’en est la négation. Parler à ce propos de civilisation, c’est joindre à la violence l’hypocrisie. [...] », dit-il sous les applaudissements.

En reprenant les propos de Georges Clemenceau, le candidat du mouvement « En Marche ! » considère lui aussi que la racine du phénomène colonial est « mauvaise ». Selon lui, elle se nourrit du massacre et du malheur. « Ces souffrances ont longtemps été tuées, mais elles sont encore vivantes dans la mémoire des peuples colonisés.

Y compris chez ceux qui ont reçu cette souffrance en héritage bien que nés en France », ajoute-t-il. Le candidat à la présidentielle française est allé plus loin dans ses propos que nul autre homme politique depuis la fin de la guerre d’Algérie.

Dans un entretien accordé à la chaîne privée Echourouk News au début du mois de février, il avait qualifié la présence française dans notre pays de « crime », de « crime contre l’humanité » et de « vraie barbarie ». Dans cette interview, Macron est sur la présence française en Algérie : « La colonisation fait partie de l’histoire française.

C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes », a-t-il déclaré.
Le président Bouteflika avait demandé a la France de présenter ses « excuses officielles » aux Algériens, avant d’espérer un traité d’amitié.

« Il est aujourd’hui de notre devoir envers le peuple algérien et les chouhada (martyrs), de réclamer des excuses officielles de la part d’une nation dont la devise révolutionnaire a de tout temps été liberté, égalité, fraternité », avait ajouté le président Bouteflika.

Il a aussi appelé l’Etat français à « assumer pleinement ses responsabilités historiques, s’il était véritablement mû par une sincère volonté d’ouvrir une nouvelle page et de jeter les bases d’une amitié authentique bannissant toute forme de rancœur et de ressentiment. Il faisait référence au traité d’amitié franco-algérien, dans l’impasse depuis la polémique française sur le « rôle positif de la colonisation ».

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