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Elus et administrateurs, ou la contradiction permanente

7 octobre 2016 | 19:46
Saïd Tissegouine

La session de l’APW de Tizi Ouzou, qui a eu lieu avant-hier au sein de l’hémicycle Rabah-Aïssat et a été consacrée au secteur de l’éducation, a mis en évidence, encore une fois, les discours diamétralement opposés des élus et des administrateurs.

En vérité, les élus se sont montrés exagérément alarmistes et les administrateurs excessivement optimistes. La situation « désespérée » du secteur éducatif tant décriée par les élus n’a pas été jugée comme telle par les responsables de l’éducation. 

Le rapport sur la rentrée scolaire 2016 -2017 exposé par la commission de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle de l’APW, qui a souligné entre autres le manque de personnel d’encadrement pédagogique et administratif dans certains établissements, les mauvaises prévisions des chefs d’établissements en matières de besoins en manuels scolaires et autres livres, le déficit en matière d’infrastructures, l’absence de logements de fonction pour les enseignants et l’occupation illicite de ce type de logements par des enseignants à la retraite, les transferts et les mutations d’enseignants ainsi que les affectations de nouveaux enseignants sans un plan réfléchi et bien établi à cet effet, révèle que les conditions de travail, aussi bien pour l’enseignant que pour l’élève, sont difficiles et, par conséquent, que le rendement ne peut être satisfaisant.

Les élus ont également mis en évidence l’exode rural qui a provoqué une situation difficile à gérer dans le secteur de l’enseignement.

Ainsi, des classes se vident dans les zones rurales et sont donc surchargées dans les zones urbaines. Le dernier mouvement des lycéens et collégiens, suite aux dernières mesures du département ministériel de Mme Nouria Benghebrit relatives aux congés, a également fait l’objet de débat.

L’élu Lounis a considéré, à l’issue de son intervention, que si l’institution élue avait été impliquée pour les travaux de préparation de la rentrée scolaire, beaucoup de problèmes auraient pu être évités.
Ce même intervenant a manifesté le souhait de créer une relation partenariale entre l’APW et la direction de l’éducation pour mieux gérer, à l’avenir, les questions relevant de l’enseignement.

Les écoles privées boudent le tamazight et l’arabe

Dans sa réponse, le directeur de l’éducation de la wilaya a fait valoir les efforts et la persévérance de ses services dans la gestion des affaires relevant de son secteur, et ce même si certaines lacunes restent à combler.

Le premier responsable de l’éducation de la wilaya a même réussi à relever un point qui ne peut aucunement faire honneur aux défenseurs de la langue amazighe, à savoir la non-obligation de l’enseignement du tamazight dans les écoles privées, ce qui n’est pas le cas dans les écoles publiques. Ainsi, les élèves fréquentant les écoles privées n’étudient pas le tamazight.

Et s’ils ne le font pas, c’est parce que ni leurs parents ni les responsables des écoles n’accordent d’intérêt à l’apprentissage de cette langue. Et cela se passe, précisons-le, à Tizi Ouzou, le cœur de la Kabylie. Cela renseigne aussi sur le fait que ce n’est pas seulement la langue arabe qui est honnie dans ces écoles privées mais aussi le tamazight.

Dans ces écoles, la priorité est accordée à la langue française au lieu de l’arabe ou du tamazight. Concernant les opérations de réalisation des infrastructures, le directeur de l’éducation a assuré que celles-ci suivent leur cours normal. Ainsi, le lycée de Boudjima, qui a fait couler beaucoup d’encre, ouvrira ses portes dès le début de la deuxième décade du mois en cours.

S’agissant de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, qui vit depuis longtemps une situation cauchemardesque, le recteur a assuré que la situation est certes très difficile, mais que lui et ses collaborateurs se sont déjà attelés à régler les problèmes existants par ordre de priorité. Selon l’intervenant, le problème le plus crucial reste le manque d’enseignants, notamment dans le secteur de la médecine.

Ces enseignants fuient en effet l’université à cause de l’absence de conditions minimales de travail, dont le logement. Il ajoute que ces enseignants préfèrent les écoles privées car le salaire et les autres avantages y sont plus intéressants. Ce responsable a évoqué également le cas des candidats au titre de doctorat.

Après avoir subi les épreuves avec succès devant une commission d’examinateurs, ayant tous le grade de professeurs, la reconnaissance et la remise du titre de docteur à l’heureux candidat tardent à venir, des parties assurant le blocage. L’université Mouloud-Mammeri jouit pourtant d’une bonne note en matière de savoir, de production scientifique et intellectuelles.

Les chercheurs de cette institution, selon le recteur, cherchent le moyen de proposer leurs découvertes scientifiques à des organismes mais aussi à des personnalités intéressées. Une journée sera consacrée à cet effet, a indiqué le recteur de l’université à l’intention des élus, lesquels ont applaudi cette initiative.

Les aléas des œuvres sociales

L’un des directeurs des œuvres sociales a signalé, quant à lui, certaines difficultés qui reviennent avec récurrence dans les cités universitaires, notamment le problème des filles étrangères au monde universitaire qui trouvent refuge pour la nuit dans l’enceinte même des cités. « Chaque soir, à partir de 19 heures, dit-il, entre 5 000 et 6 000 filles non universitaires y se retrouvent dans nos cités pour passer la nuit.

Nous ne pouvons pas, pour des raisons humanitaires, leur fermer la porte mais cela nous crée des difficultés », a fait savoir ce directeur de la cité, qui n’a pas manqué d’évoquer le risque qu’une de ces filles subisse un quelconque accident durant sa présence dans la cité universitaire. En effet, en pareil cas, les enquêteurs poseront les questions aux responsables de l’université. 

Notons enfin que le second volet des travaux de la session de l’APW de jeudi dernier a porté sur les affaires diverses. C’est Mme Ouzna Moulla, du groupe RCD, qui a soulevé le cas de malversations auxquels certains élus seraient mêlés. Elle a évoqué le cas des subventions destinées aux associations.

L’élue du RCD a vivement sollicité que lumière soit faite sur ce dossier. Dans les coulisses, le Jeune Indépendant a appris que les services de police compétents pour ce genre de dossier sont déjà sur l’affaire. Ce qui veut dire que si des cas de détournement et de racket d’associations sont avérés, l’APW de Tizi Ouzou sera certainement éclaboussée.

L’autre point soulevé a porté sur les énormes factures d’électricité des APC. La Sonelgaz a tenu en effet à recouvrer ses créances détenues auprès des APC ; certaines datent de l’année 1979, soit de 37 ans. Sur les 67 communes que compte la wilaya de Tizi Ouzou, 31 sont concernées par l’obligation d’honorer leurs redevances d’électricité vis-à-vis de la Sonelgaz.

Cinq APC sont, quant à elles touchées par la sanction de coupure de courant. Les créances détenues par la Sonelgaz auprès des APC sont d’un montant de 200 milliards de centimes. Interpellé sur ce dossier, Le DG de la Sonelgaz, M. Bara, a répondu que l’institution qu’il représente n’a fait que faire valoir ses droits avant d’arriver à l’ultime recours, c’est-à-dire la coupure de courant.

Bien des initiatives ont pourtant été entreprises par ses équipes pour justement éviter cela. Il va sans dire que M. Bara a cité les lois et les règlements que la Sonelgaz a fait valoir dans l’action de recouvrement de ses créances. Notons enfin que nous y reviendrons dans notre prochaine édition.

L’autre point signalé, qui n’a toutefois pas suscité le débat et l’attention voulus, a trait à la pollution de l’eau coulant dans les robinets des foyers de Boukhalfa. C’est Kamel Ouguemat, élu du FLN, qui a révélé ce cas. M. Ouguemat a même présenté une bouteille pleine d’eau à titre d’échantillon devant l’Assemblée.

De visu, l’eau présentait des caractéristiques de contamination. Sa couleur était rouge. Il convient de noter que les foyers de Boukhalfa sont alimentés en eau à partir d’un puits de l’oued Sebaou. C’est le directeur des ressources en eau qui a pris l’initiative de donner les éléments de réponse alors que, logiquement, c’était du ressort du premier responsable de l’ADE de Tizi Ouzou.

L’intervenant a assuré que plusieurs rapports ont été adressés à la tutelle quant à la dangerosité de l’extraction excessive de sable dans l’oued, mais les mesures à même d’éviter le danger n’ont pas été arrêtées. « Le mal est déjà fait même s’il y a diminution d’extraction de sable », a regretté le directeur des ressources en eau de la wilaya de Tizi Ouzou.

Comme remède urgent, les responsables de l’ADE tentent de consoler les citoyens de Boukhalfa, victimes de l’inconscience de la mafia du sable. La question qui reste fondamentale est de savoir jusqu’à quand les paisibles citoyens de Boukhalfa vont-il se contenter de paroles de consolation ? 

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