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Duel Mélenchon–Le Pen au second tour ?

11 avril 2017 | 20:28
R. I.

Après la spectaculaire percée dans les sondages qu’a enregistrée Jean-Luc Mélenchon à deux semaines seulement de la présidentielle, le candidat des « Insoumis » peut-il réellement décrocher un ticket pour le second tour ? Des experts analysent pour Sputnik les facteurs de sa réussite et apportent des éléments de réponse.

À deux semaines du scrutin présidentiel, les sondages n’en finissent plus de valser. Dernier rebondissement : selon une étude Kantar Sofres-One Point, Jean-Luc Mélenchon devance désormais François Fillon et s’installe en troisième position avec 18 % d’intentions de vote, alors que les deux favoris, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, perdent deux points à 24 % chacun.

Les dizaines de milliers de personnes rassemblées en meeting ce dimanche 9 avril, au Vieux-Port de Marseille, et cette percée spectaculaire dans les enquêtes d’opinion marquent-ils un tournant décisif dans la campagne ?

Malgré toutes les réserves qu’on peut apporter à la fiabilité des sondages, pourrait-on envisager un second tour opposant Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen ? Sputnik a posé la question au politologue Olivier Rouquan.

« La possibilité d’un second tour Le Pen-Mélenchon existe, mais il faut être prudent : avec la marge d’erreur de 2 % des sondages, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont en fait au coude à coude en intentions de vote. D’autant que l’incertitude reste importante : autour de 35 % des sondés restent indécis, et il y a les « changeurs », c’est-à-dire des gens qui changent de candidat au fil du temps », explique-t-il.

Cette possibilité d’un duel entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon existe également pour le politologue et chercheur associé à l’IRIS Eddy Fougier. Analysant les raisons de la montée du chef de la « France insoumise » dans les intentions de vote, M. Fougier observe que celle-ci s’effectue majoritairement au détriment de Benoît Hamon, alors que M. Mélenchon « siphonne » l’électorat du candidat socialiste.

« Il y a une sorte de fluidité entre les électorats de Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, un peu comme on a pu le connaître lors de la primaire de la droite entre François Fillon et Nicolas Sarkozy. Pour les électeurs, il n’y a pas de coût particulier à passer de l’un à l’autre », estime le chercheur.

Pour lui, M. Mélenchon a également « réussi à capter les déçus du hollandisme » et laisse « assez peu de marge de manœuvre pour Benoît Hamon », car « le centre gauche se dirige massivement vers Emmanuel Macron, et la gauche un peu plus radicale » vers le candidat de la « France insoumise ».

Mais en quoi consiste le secret de cette brusque montée en popularité ? Eddy Fougier voit la réunion de plusieurs facteurs, et surtout la « rupture » avec la ligne de François Hollande, quinquennat qu’« une partie de la gauche considère » comme « raté » : « Son succès est dû à la fois à la communication politique (il a l’expérience d’une campagne présidentielle, ses meetings sont innovants, c’est un « bon client » dans les médias, ses initiatives sur internet sont très marquantes) », explique-t-il, avant de poursuivre : « mais aussi à sa stratégie de rupture par rapport au quinquennat de François Hollande et à sa volonté de placer son mouvement en dehors des partis politiques ». 

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