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Dialogue politique : Le niet des poids lourds

28 juillet 2019 | 17:30
Hamrouche B. Alami

Plusieurs personnalités politiques nationales ont décliné, au lendemain de l’appel, l’offre d’intégrer le Panel de dialogue et de médiation, installé jeudi par le chef de l’Etat Abdelkader Bensalah. Sollicité pour la seconde fois, l’ancien chef de gouvernement Mouloud Hamrouche a réitéré ce lundi sa position de ne pas être « candidat à d’éventuelles instances de transition ou élection ». « Je souhaite rappeler aux honorables membres du Panel et des forums ma déclaration du 18 avril dernier où j’indiquais que je ne serais pas candidat à d’éventuelles instances de transition ou élection », rappelle M. Hamrouche, dans un communiqué .
Il a expliqué que « le mouvement unitaire et pacifique du peuple a, depuis le 22 février dernier, neutralisé momentanément, une série de facteurs de déstabilisation et stoppé d’imminentes menaces ». Ces menaces, selon lui, « n’ont pas disparu pour autant et sont toujours en gestation. Il revient à ceux qui sont aux commandes d’agir, de répondre au –Hirak- et de mobiliser le pays pour lui éviter les pièges d’un chaos ».

De son côté, l’avocat et militant des droits de l’Homme Mokrane Aït Larbi, sollicité également par le Panel, a décliné l’offre et rappelé que « nous devons faire la différence entre l’appel du pouvoir et l’appel de la patrie ». « D’un point de vue du principe, le dialogue est un moyen pour rapprocher les points de vue afin de régler les conflits. Mais l’unique but de ce dialogue tracé par le pouvoir ne dépasse pas l’organisation de l’élection présidentielle », précise-t-il dans un communiqué. « Aucun dialogue, quels que soient son but et sa composition, ne peut réussir avant la mise en place de mesures d’apaisement concrètes de la part du pouvoir », ajoute-t-il, rappelant ces mesures d’apaisement : libération, sans conditions, de tous les détenus politiques ; la fin des restrictions aux libertés individuelles et collectives ; l’interdiction de l’utilisation de la force contre les manifestants pacifiques ; libérer les accès à Alger lors des manifestations ; éloigner les symboles du régime corrompu ; cesser d’interdire le drapeau amazigh ; ouverture des médias publics au débat libre…Il conclut que « je ne peux pas réfléchir à un dialogue dont les objectifs ont été définis par le pouvoir. »
Lyès Merabet, président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) et coordinateur de la Confédération des syndicats algériens (CSA), refuse lui également de rejoindre le panel. Dans une déclaration à TSA, il s’est dit réservé sur le processus en cours vu « l’absence d’un climat et de conditions favorables pour entamer un tel processus ». Pour lui, « les membres de la commission donnent l’impression de chercher à amadouer le pouvoir », critiquant dans la foulée « le fait de conditionner le lancement du dialogue par la libération des détenus d’opinion ». « La libération des détenus d’opinion n’a jamais été et ne sera jamais une demande principale. C’est une évidence avant l’entame de tout dialogue », estime-t-il, avant d’affirmer que « je n’ai pas donné mon accord pour participer au Panel, surtout que je refuse tout contact avec le chef de l’Etat (Abdelkader Bensalah). C’est notre position au niveau de la Confédération des syndicats et au niveau de la société civile dont je fais partie ». Enfin, selon lui, les conditions pour « entamer le dialogue ne sont pas réunies » actuellement. « Il ne doit pas y avoir de compromis entre le Panel et le pouvoir. » Quant au représentant de l’Association des oulémas musulmans, Abderrazak Guessoum, il a indiqué qu’il devrait faire connaître sa réponse dans les prochaines heures, à l’issue d’une réunion de l’association qu’il préside. « Je ne peux pas prendre seul cette décision sans me référer à l’Association des oulémas. Nous allons tenir une réunion ce lundi en fin de journée ou demain matin pour prendre une position concernant ma participation ou non au Panel », a-t-il expliqué à TSA Arabi. « Nous saluons tout appel ou initiative allant dans le sens d’un règlement de la crise actuelle. Mais concernant l’appel du Panel, il ne m’a pas été adressé en tant que personne mais en tant que responsable de l’Association des oulémas. Je dois donc consulter l’Association à qui reviendra le dernier mot », a-t-il ajouté.
Le coordinateur du Panel, Karim Younès, a expliqué hier lundi dans un entretien à El Watan que la mission du Panel ne se limite pas à la préparation de la prochaine élection présidentielle. « Le Panel a carte blanche pour traiter de toutes les questions et tous les dossiers de l’heure, la situation est grave. Le Panel établira un calendrier de rencontres avec l’ensemble des acteurs politiques issus des partis et de la société civile. Il aura pour mission de recueillir toutes les propositions de sortie de crise et de les évaluer par rapport aux exigences du mouvement citoyen. »
« Ensemble, nous essayerons d’étudier les points de convergence afin de faire un premier pas vers le dénouement progressif et pacifique de la crise. Nous allons faire une synthèse de ces propositions. Personne ne sera exclu. Il s’agit d’être utile pour l’avenir de la République. Le dialogue prendra fin avec la programmation de la Conférence nationale, d’où émanera la commission de préparation, d’organisation et de contrôle des élections, ainsi que la feuille de route du processus politique devant aboutir au changement du mode de gouvernance du pays », a-t-il affirmé. De son côté, Me Mostefa Bouchachi, qui a également décliné l’offre d’intégrer le panel dirigé par M. Karim Younes, estimé qu’il est nécessaire de réunir certaines conditions avant d’entamer l’ouverture du dialogue, à savoir « le départ des symboles du régime, la libération des détenus d’opinion, l’ouverture de l’espace public et du champ médiatique à toutes les tendances, la fin des harcèlements contre les manifestants (arrestation, fermetures des routes, interdiction des déplacements vers Alger) ». Il exigé en outre des garanties du pouvoir pour respecter les décisions issues du dialogue, mais « comme ces garanties sont absentes, j’annonce que je ne participe pas au dialogue ». Avant de préciser qu’il soutiendra tout dialogue qui « prendrait en compte les revendications du hirak ». Enfin, la moudjahida Djamila Bouhired, sollicitée elle également pour intégrer le panel, a de nouveau rappelé son refus, selon le journaliste Arezki Ait Larbi. « Le nom de Djamila Bouhired a été cité une nouvelle fois dans la liste des personnes sollicitées pour intégrer le « Panel » de dialogue. La position de principe de l’icône de la Révolution algérienne exprimée le 17 juillet reste inchangée », écrit Arezki Ait Larbi sur son compte Facebook.

Les personnalités invitées dimanche par le panel sont : Djamila Bouhired, Ahmed Taleb Ibrahimi, Mouloud Hamrouche, Ahmed Benbitour, Mokdad Sifi, Abdelaziz Rahabi, Lyes Merabet, Ilyas Zerhouni, Messaoud Boudiba, Guessoum Abderrazak, Rachid Benyelles, Hadda Hazzam, Brahim Ghouma, Brouri Mansour, Rachid Hanifi, Adda Bounedjar, Farès Mesdour, Mustapha Bouchachi, Chemseddine Chitour, Benbrahem Fatma-Zohra, Drifa Ben M’hidi, Saïd Bouizri et Mokrane Aït Larbi. Le Panel rappelle que ses portes restent ouvertes à toutes les personnalités nationales, y compris celles établies à l’étranger.

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