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Dialogue : les préalables seront négociés

24 juillet 2019 | 16:00
Hirak Mohamed K


C’est un fait sans précédent dans les annales de la politique nationale algérienne. Car il n’est pas dans les traditions de notre pays, ni dans le fonctionnement de notre système politique, qu’un secrétaire général de la Présidence, soumis à des règles strictes de la sacro-sainte obligation de réserve, se lance sous les feux de la rampe dans une interview aux médias à visage découvert, martelant des affirmations et assumant des décisions et des jugements.
Sentencieux sur plusieurs points, le SG de la Présidence, Noureddine Ayadi, ne dit pas, tout au long de cet entretien, s’il parle au nom du chef de l’Etat Abdelkader Bensalah, ou s’il est mandaté par une quelconque institution étatique pour clarifier certains points délicats ou pour baliser un terrain politique parsemé d’embuches.
Le fait est significatif qu’un SG d’une institution censée être la locomotive du dialogue inclusif et accompagnatrice de ce processus de sortie de crise, ce qui est une première, pose plus d’interrogations que d’affirmations tranchées.
Pour Ayadi, c’est uniquement la tenue d’une élection présidentielle qui permettra d’élire un Président jouissant de toute la légitimité et de la confiance des citoyens et qui pourra engager le pays dans des réformes institutionnelles, économiques et sociales. Autrement dit, c’est la voie constitutionnelle qui est privilégiée, celle que le chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, ne cesse de répéter depuis la démission du président Bouteflika le 2 avril dernier.
Avec son « ni période de transition ni Constituante », Ayadi comme nouvelle voix autorisée du pouvoir conforte cette seule alternative de sortie de l’impasse, en brandissant l’option de la tenue de la présidentielle dans les plus bref, délais. Pour lui, le débat doit se concentrer sur les modalités d’organisation de cette élection, en élaborant avant tout un consensus « le plus large possible ». C’est dans ce sens que le SG de la Présidence, qui a exercé les mêmes fonctions au sein du ministère des Affaires étrangères, lance un énième appel au sens de la responsabilité et à la sagesse de la classe politique, de la société civile, de l’élite intellectuelle et des citoyens pour faire valoir le seul intérêt national.
Selon Ayadi, le souci des pouvoirs publics est de rétablir la confiance des citoyens avec leur Etat, d’où la conduite de ce dialogue par un panel de personnalités nationales crédibles et qui disposent de l’autorité morale.
Ce choix constitue « un gage de bonne foi et un geste d’apaisement de nature à tempérer les tensions politiques » et constitue une garantie pour une participation large au dialogue politique et pour remédier à la crise de confiance, a-t-il développé, estimant qu’il devrait être de nature à débloquer les oppositions de forme et de fond et surtout à rassurer sur les conditions de déroulement des élections.
Pour le SG de la présidence, les mesures d’apaisement ne sont pas des préalables à toute amorce de dialogue, comme la libération des détenus d’opinion ou la levée des censures sur les médias publics. Ces mesures devront être discutées dans le cadre du dialogue qui sera incessamment entamé, mais ne constituent pas des conditions sine qua non. Ces clarifications de Ayadi sont ainsi directement interprétées comme des réponses nettes aux appels récents lancés par le Forum de la société civile, le bloc de l’opposition et par l’alternative démocratique.
Pour Ayadi, « la confusion sciemment et pernicieusement entretenue entre le pouvoir (ou le régime) et l’Etat est au mieux nuisible et au pire ».
Cette confusion, a-t-il encore mis en garde, est « particulièrement » pour le pays et « sert les agendas de ceux pour qui l’affaiblissement de l’Algérie constitue un objectif stratégique. La réalisation de cet objectif passe évidemment par la fragilisation de l’Etat et de sa colonne vertébrale, l’Armée nationale populaire ».
En tous les cas, l’intervention inédite du SG de la Présidence préfigure de l’imminente annonce publique de la liste de ce panel qui doit piloter le dialogue inclusif. Pour certains cercles, le marketing politique de Ayadi en faveur de la démarche des pouvoirs publics semble obéir à une stratégie qui assigne des buts politiques clairs du dialogue, fixe des lignes à ne pas franchir et délimite les points des débats qui s’annoncent.
Mohamed K.

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