Nationale

#TITRE

570

Deux piliers et cinq préceptes pour l’Algérie

10 août 2016 | 19:21
H. Rabah

Il n’aura pas fallu longtemps pour que le Fonds monétaire international révèle la synthèse de la mission effectuée par une équipe d’experts en juillet dernier en Algérie.

Bien que le chef de cette délégation ait fait des déclarations à l’issue de sa mission et de ses rencontres avec des officiels gouvernementaux, des syndicalistes et des patrons, les observateurs étaient restés sur leur faim.

Cette fois, ce n’est plus le cas puisque Jean-François Dauphin, le chef de la Division Maghreb du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, donné avant-hier les grands détails de la mission, ainsi que le diagnostic et les recommandations du FMI.

Selon lui, l’objectif de la visite de la délégation était de favoriser une croissance ‘inclusive », de créer davantage d’emplois et d’analyser les moyens par lesquels l’Algérie peut refaçonner son économie.

Le haut responsable du FMI a révélé notamment les cinq suggestions qui devront doper l’économie algérienne et les perspectives de croissance du pays, ainsi que les deux « grands piliers » de résistance qui serviront de base à toute politique économique.

Pour Dauphin, le FMI aura désigné « deux piliers » sur lesquels le gouvernement algérien pourrait se baser pour résister au choc externe causé par la chute vertigineuse des cours du brut. Le premier est le rééquilibrage budgétaire, qui doit « résorber les déficits », alors que le second consiste en « de vastes réformes structurelles, des mesures qui contribuent à libérer le potentiel du secteur privé, à diversifier l’économie et à favoriser durablement une plus forte croissance et davantage d’emplois ».

S’agissant des cinq grandes suggestions ou recommandations du FMI, le dirigeant de l’institution internationale a expliqué que cela concerne « l’amélioration du climat des affaires » en s’attaquant aux pesanteurs et autres lourdeurs bureaucratiques, « le renforcement de la gouvernance économique » en mettant en valeur aussi bien les règles de la transparence des gestions que celles du respect de la concurrence, « l’amélioration de l’accès au financement et le développement des marchés des capitaux » en ciblant surtout la modernisation de notre système bancaire et la redynamisation de la Bourse d’Alger, « l’ouverture aux échanges commerciaux et aux investissements étrangers », c’est-à-dire une révision législative de l’actuel régime libéral de notre économie et surtout ses codes d’investissements et la fameuse règle 51/49, et enfin « l’amélioration du marché du travail », tout en assurant la protection des droits des travailleurs, avec la refonte du code du travail qui traîne depuis des années.

Sur ce dernier point, le FMI veut une étude plus approfondie, car il veut « garantir une bonne adéquation entre les qualifications assurées par les systèmes d’enseignement général et professionnel et les compétences recherchées par les entreprises », d’où l’éventualité d’une autre révision de notre système de formation professionnelle.

Pour le chef de la mission du FMI, l’Algérie a « une occasion exceptionnelle de se concentrer sur la mise en œuvre de ces réformes essentielles et de refaçonner son économie sur un modèle plus pérenne, plutôt que de rester tributaire de réserves pétrolières qui risquent d’être épuisées d’ici vingt ans ». Pour Dauphin, « il faut de bonnes incitations et un climat propice au développement du secteur privé ».

Rappelons que ces déclarations surviennent à un moment où le gouvernement s’attelle à préparer son projet de loi de finances pour l’année 2017, ainsi que son plan d’action qu’il va sans doute exposer à l’APN à la rentrée sociale.

Une panoplie de lois et de dispositifs sont à l’examen par le gouvernement, notamment sur la législation commerciale et industrielle. En juin dernier, le Premier ministre a déclaré que le pays allait « se doter d’un nouveau modèle économique », se refusant par contre à en révéler les détails ou les grands contours. Ce modèle aurait-il reçu « l’approbation » du FMI ?

Commentaires

    Horaire des prières / ALGER
  • Fadjr: 0
  • Dhohr: 0
  • Assr: 0
  • Maghreb: 0
  • Isha': 0
  • Agenda Officielle

caricature

caricature

SONDAGE

Le Hezbollah libanais est-il un mouvement de résistance ?

Facebook

Twitter