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Des ingénieurs payés 28 000 DA depuis 2015

Des centaines de recrues de Sonatrach désorientées

25 avril 2018 | 20:06
sonatrachAlgérie Nassim Mecheri


 En avril 2015, sous l’impulsion du gouvernement d’Abdelmalek Sellal, le groupe Sonatrach a recruté quelque 8 000 diplômés entre ingénieurs et techniciens pour toutes les directions et unités, mais la plupart se retrouvent aujourd’hui sans postes et dans une situation précaire, au moment où la direction générale vient de se pondre un nouvel organigramme applicable à partir du 1er mai prochain.


Après avoir subi un concours organisé à Boumerdès et à l’USTO (Oran), ces recrues ont été ensuite soumises à une formation de 24 mois scindée en deux étapes : 4 mois de stage théorique et 20 mois en immersion dans les différentes unités du groupe. C’est ce qu’a appris le Jeune Indépendant auprès d’une source responsable au sein de l’entreprise. 
Chaque stagiaire a été adossé à un sénior pour compléter sa formation pratique en doublure. Durant cette période censée s’achever en avril 2017, les recrues percevaient un présalaire de 28 000 DA, a indiqué la même source. A la fin de leur stage, les 8 000 employés devaient donc recevoir, en sus de leur diplôme, une décision d’affectation dans l’une des nombreuses unités du groupe pétrolier.
Durant cette période de formation pratique, de nombreuses recrues ont changé de structures ou de services, passant leur temps à l’issue de chaque nouvelle affection temporaire à rédiger des rapports dits de stage. « Je suis passé en deux ans par une dizaine de services, de la production au commercial et au technique », a fait savoir un ingénieur blasé par sa situation. Certains vont connaître une trajectoire pour le moins surprenante. Il s’agit de ceux censés faire partie des effectifs de la raffinerie de Tiaret qui n’a pas encore vu le jour.
Des ingénieurs habitant Tiaret, dont des femmes, ont été affectés à Alger, Baraki ou Arzew, loin de chez eux. En se retrouvant affectée à la raffinerie d’Arzew, une ingénieur a été contrainte de déménager avec ses parents à Oran, tandis qu’une autre a été logée par un oncle. « Ces recrutements ont été non seulement irréfléchis, mais ont causé des drames aux concernés et un problème de gestion pour les responsables dans les unités », a souligné notre source. Des femmes se retrouvent dans des unités masculines où des sanitaires qui leur sont réservés n’existent pas, a-t-il fait remarquer.


Ces recrutements n’ont pas obéi à un besoin organique qui prend en compte les demandes en ressources humaines de chaque segment du groupe. « A l’évidence, il s’agit d’une mesure politique qui a généré un problème », a ajouté la même source qui a souligné que « la majorité de ces recrues ont été affectées juste pour les caser ou noyer le poisson ». L’exemple le plus frappant est celui de la raffinerie « Skikda 2 » qui compte plus de 300 employés et où bon nombre de ces stagiaires ont été affectés. Ils n’ont été confirmés dans leur poste qu’en septembre 2017 au lieu de mars 2017, soit avec plus de six mois de retard.
Pis encore, dans la raffinerie « Skikda 1 » on retrouve près de 200 stagiaires encore en attente de régularisation. La même situation est à relever dans le Sud où le gros des recrues a été affecté. La majorité des ex-stagiaires devaient atterrir dans le Sud, mais nombreux sont les responsables qui ne savent pas quoi faire d’eux.


Les auditeurs du groupe chargés d’évaluer le respect des procédés de recrutement ont évoqué cet état de fait ainsi que de nombreuses défaillances, dans des rapports soumis à la direction générale de la Sonatrach à Alger, a par ailleurs confié un des auditeurs au Jeune Indépendant.

C’est l’une des nombreuses questions soulevées par certains cadres impatients de voir le PDG, occupé il est vrai par la relance du groupe, se pencher sur cette question des ressources humaines et ainsi mettre en œuvre une vraie politique de management, au risque de mettre à mal la gestion du personnel. Une politique qui fait abstraction de toute forme d’organisation : des postes gelés, d’autres disparus et certains non conformes à l’organigramme de l’entreprise. L’organisation macrostructures devrait être suivie par une organisation microstructures qui touchera l’ensemble des postes dans toutes les unités et filiales du groupe.
En parallèle, la Sonatrach avait engagé un nouveau système de rémunération pour ses employés, basé sur le « salaire selon compétences et objectifs ». Ce système comprend 10 rôles qui définissent le salaire de base et repose sur des objectifs fixés selon la responsabilité de l’employé, avec une évaluation annuelle qui aura un impact sur le salaire. Ceux qui ont atteint leurs objectifs seront augmentés ou promus, alors que ceux qui ont failli feront une formation censée prendre leurs défaillances. Initié par Chakib Khelil en 2004, ce système standard appliqué dans de nombreux pays ne l’a pas encore été à Sonatrach, affirme une source au sein de l’entreprise, qui souligne que « le pays ayant pris le plus grand retard pour lancer ce système a été le Brésil avec 4 années. En Algérie le retard est de près de 14 ans, a conclu cette source. 

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