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Des commodités pour les femmes enceintes et allaitantes

4 mars 2017 | 18:31
Amel Saïdi


Une nouveauté dans le milieu carcéral féminin. Bientôt, dans les prisons algériennes, un quartier « crèche » sera disponible pour les femmes enceintes et celles allaitantes. C’est du moins ce qu’a annoncé dernièrement Mokhtar Felioune, directeur général de l’Administration pénitentiaire et de la Réinsertion.


Inaugurant récemment une unité pour les femmes enceintes et allaitantes dans l’établissement de rééducation et de réadaptation de Koléa, Felioune a déclaré que des unités dédiées aux femmes enceintes et allaitantes « vont être installées dans tous les établissements pénitentiaires du pays ». En effet, le nouveau programme de la réforme pénitentiaire prévoit, pour la première fois en Algérie, un traitement spécial pour les détenues enceintes et les mères allaitantes. Ce programme permettra à ces détenues de s’occuper elles-mêmes de leur progéniture de 0 à 3 ans, afin que l’enfant puisse s’épanouir auprès de sa mère. Prochainement, toutes les prisons d’Algérie seront dotées d’unités appelées « crèche ». Ce sont des salles qui hébergeront jusqu’à cinq femmes en compagnie de leurs bébés.


« Chaque détenue est dotée d’un petit réfrigérateur, d’une poussette-chaise pour enfant, et d’autres outils pour bébé, tels une commode pour ranger les vêtements ou un micro-onde collectif », nous confie une source proche du secteur. La même source nous précise que les détenues, précisément celles enceintes, seront prises en charge entièrement par l’Etat, « avant et après l’accouchement.
« Le suivi médical pour les prisonnières et leurs bébés se fait à l’hôpital le plus proche du pénitencier, et c’est les agents de l’administration pénitentiaire qui auront à s’occuper du déplacement des nourrissons quand ils sont malades, ou nécessitent des vaccins », tient-on à assurer. En dépit de leurs délits, ces maman qui se retrouvent du jour au lendemain confrontées à une incarcération, condamnées par la justice à purger plusieurs années derrière les barreaux pou vol, trafic de drogue ou adultère, vivent leur accouchement dans la douleur de l’incarcération. Tout le monde s’accorde à dire qu’il s’agit d’« un environnement dramatique, triste et poignant » de voir des mamans, souvent après l’accouchement, souffrir de dépression et regretter leurs crimes.


« C’est une torture de voir son enfant naître en prison », relèvent les spécialistes. Il faut savoir que de nombreux enfants de moins 3 ans vivent auprès de leur mère en milieu carcéral, sans pour autant être considérés comme « incarcérés ». L’enfant bénéficie totalement de ses droits, et ouvre droit, bien entendu, à une « sortie définitive » de ce milieu, et remis éventuellement à son père ou aux grands-parents, si la détenue purge une lourde peine. « Si l’enfant a une maman célibataire, et qu’il n’est pas reconnu par le père, il est automatiquement pris en charge par l’Etat, par l’entremise de la Direction de l’action sociale (DAS).


La LADDH « satisfaite »


Sur ce chapitre, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), a exprimé sa satisfaction pour cette mesure, qu’elle juge « bénéfique » pour la femme incarcérée. « Cela ne fera qu’améliorer les conditions d’accueil et la prise en charge des détenues au sein des établissements pénitenciers », indique-t-on auprès de la LADDH, que nous avons contactée. La LADDH se dit prête à faire d’autres propositions au profit des prisonniers algériens. « Nous espérons que la justice algérienne donnera plus de droits aux détenus, femmes ou hommes », a ajouté notre interlocuteur. Et d’enchaîner : « Les autorités concernées doivent accorder au prisonnier le droit de la communication téléphonique, ainsi le droit de rencontre intime des couples mariés pour éviter la débauche dans les prisons », a estimé l’organisation humanitaire.
Si le nombre exactes de femmes incarcérées en Algérie demeure inconnu en raison des il reste « insignifiants » par rapport à celui des hommes en raison de la nature des crimes tels que le trafic de drogue, vol de véhicules, vol de maison par effraction, trafic d’armes, la contrebande, le terrorisme dans lesquels les hommes sont généralement plus nombreux. i faible que, parfois, elles sont « invisibles » et vivent cette incarcération, noyées dans la « masse ». Elles sont soumises aux mêmes règles et lois d’incarcération à quelques petites différences près. Qui sont ces personnes incarcérées ? Dans quelles conditions ? Une étude a été menée par la Commission des droits de l’homme présidée par Farouk Ksentini il y a quelques années à travers les prisons d’Alger (El-Harrach - Blida - Boufarik) de Skikda, Sous Ahras, Collo – Annaba). A la prison de Skikda pour donner un exemple, elles étaient, en 2008 neuf femmes sur 500 hommes. Il n y a pas un régime spécifique pour les femmes à une exception près. L’Algérie a le taux de prisonniers le plus bas au Maghreb


 


Population carcérale en
Algérie
Le nombre de prisonniers en Algérie s’élevait à 60 220 fin 2013. Ce nombre inclut les condamnés suite à un procès tout comme les détenus provisoires, selon cette nouvelle édition du World Prison Population List, un rapport établi par ICPR (Institute for Criminal Policy Research), un institut de l’université britannique. Les mesures de grâce décidées par le président Abdelaziz Bouteflika à l’occasion des fêtes nationales ou religieuses, expliquent en partie ce taux peu élevé par rapport au reste du monde. En 2013, environ 5 000 détenus non récidivistes et non impliqués dans des affaires graves ont bénéficié des dispositions de la grâce présidentielle, des mesures souvent critiquées par des juristes et des criminologues. A la fin octobre 2015, l’Algérie a été classée à la 30e place du classement mondial des populations carcérales, publié par le Centre international d’études pénitentiaires (ICPR), un centre de recherche à l’Université de l’Essex (Royaume-Uni). L’Algérie a ratifié plusieurs conventions internationales pour ce qui est des droits de la femme et de l’enfant.
 

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