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Dépasser la crise de confiance

12 avril 2019 | 21:30
Mohamed Nazim Aziri


Au huitième vendredi de manifestations, le peuple semble plus que jamais déterminé à faire aboutir ses revendications, dont le seuil n’a cessé d’augmenter au fil des semaines, pour aboutir au fameux slogan : « yatnahaw gaa » ; ils doivent tous partir. Une position, qui en dépit de son caractère radical, voire irréalisable, trouve tout de même sa justification dans le fait qu’il est inconcevable de voir des figures emblématiques de l’ancien régime aux commandes pour organiser les prochaines élections présidentielles.


Mais loin de toute exaltation que suscite l’élan populaire inédit, et en toute objectivité, posons-nous la question : y a-t-il une autre solution que celle qui est préconisée par la Constitution algérienne, notamment dans son article 102, pour garantir une stabilité des institutions et une période de transition capable d’assimiler tous les aspects et les contours de la crise ? Une chose est certaine, l’option du vide constitutionnel et institutionnel qu’entraînerait le départ de toute l’équipe actuelle n’est pas forcément le meilleur choix. Le refus total de l’option constitutionnelle comme choix politique peut paraître légitime, si on estime qu’il y a risque de voir se reproduire un système rompu aux manœuvres politiciennes et doté sur le plan partisan de meilleures structures pour faire mouche lors des prochaines échéances électorales. En revanche, personne ne peut nier qu’en l’absence d’un cadre légal faisant le consensus aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, il y a forcément le risque de voir apparaître les divergences idéologiques et politiques pour rouvrir les plaies du passé.


D’ailleurs, chaque partie essaye d’ores et déjà de placer ses acteurs, sous prétexte qu’ils jouissent d’une notoriété populaire, mais une notoriété qui reste dépourvue de la légitimité des urnes. Il faut rappeler dans ce sens que l’absence d’un cadre consensuel, que seule la loi fondamentale peut garantir, est le meilleur alibi qu’on pourrait donner à d’éventuelles ingérences étrangères qui se profilent à l’horizon et dont on connaîst les mécanismes à travers certains médias et ONG. Sommes-nous donc dans une impasse ? Pas tout à fait, du moment que l’Armée nationale populaire, qui jouit elle aussi de prérogatives constitutionnelles, offre des garanties pour une transition sécurisée, transparente et démocratique, d’autant plus qu’elle renonce à toute ambition de gouverner le pays.


Il faut aussi le reconnaître, le dernier message fort du chef d’état-major Ahmed Gaid Salah, qui se veut une véritable feuille de route, n’est pas en faveur de ceux qu’il a encore qualifiés de « Issaba » bande de malfaiteurs. La réouverture annoncée des grands dossiers de corruption en est d’ailleurs la meilleure preuve, surtout qu’un grand nombre d’individus réputés appartenir à l’ancien système seraient impliqués. Pour bon nombre d’observateurs, l’institution militaire a la lourde mission de protéger le pays et soutenir le peuple, mais encore faut-il que le peuple sache lui faire confiance, car, finalement, la crise politique que vit aujourd’hui l’Algérie est surtout et avant tout une crise de confiance.

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