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Crise migratoire, l’humanisme à deux vitesses

1er juillet 2018 | 01:52
Mohamed Nazim Aziri

Dans un article publié vendredi 29 juin sur le site du Forum économique mondial intitulé Migrations africaines : « ce que disent vraiment les chiffres », un fait très intéressant est relevé.
Les auteurs de l’article indiquent que le nombre de migrants africains, c’est-à-dire au sein du continent noir, est passé de 16 millions à environ 19 millions entre 2015 et 2017. Au cours de la même période, le nombre d’Africains qui ont quitté le continent a connu une augmentation modérée, passant d’environ 16 millions à 17 millions. Ce chiffre est basé sur l’observation du flux migratoire depuis 1990, précise l’article qui souligne que la migration infrarégionale reste supérieure à la migration extrarégionale.
Et pour cause, la différence en 2017 entre les deux « migrations » est de taille soit deux millions plus exactement, alors qu’on a tendance à croire que c’est l’Europe qui reçoit de plein fouet ce phénomène et ses conséquences. En prenant en compte les estimations, faisant état de l’arrivée de quelque 200 000 migrants illégaux par an en provenance du sud de la méditerranée sur le sol européen, on peut déduire l’importance de ce chiffre réduit au détail insignifiant par la machine médiatique occidentale.
Et justement le traitement de l’information qui est loin d’être spontané, est pour beaucoup dans l’orientation de l’opinion publique. Pour les auteurs de l’article « La peur d’un soi-disant « déluge » de migrants en Europe est alimentée par des reportages au ton sensationnel et unidimensionnel au sujet des migrants africains internationaux ».
Récemment nous avions eu droit à un véritable feuilleton télévisé dénommé « l’épopée » de l’Aquarius, un bateau transportant 629 migrants que l’Italie et Malte ont bloqués, la France a refusé pour enfin terminer son périple sur les côtes espagnoles. Ce cas qui n’est pas isolé, constitue un bel exemple d’une amplification médiatique visant à montrer que le vieux continent, est l’objet d’un danger qui lui vient du sud alors que ce dernier s’érige en véritable forteresse inexpugnable.
D’ailleurs pour les auteurs de cet article, plusieurs facteurs clés contribuent à expliquer pourquoi il est plus facile pour les migrants africains de se déplacer au sein du continent que de rallier les pays européens. Les conditions mises à l’obtention d’un visa sont « épuisantes, lourdes et très restrictives ». Le choix de la terminologie est aussi important, car il faut remarquer que les médias européens parlent le plus souvent de migrants africains et migrants économiques quand il s’agit d’individus africains candidats à l’immigration clandestine vers l’Europe, alors qu’un grand nombre d’entre eux pourraient disposer du statut de réfugiés, car ils fuient des pays ravagés par des conflits dont les causes sont directement liées à la politique de déstabilisation des pays occidentaux en Afrique.
L’accord trouvé vendredi par le Conseil européen, confirme d’autre part cette tendance au repli sur soi qu’exercent l’Europe et ses dirigeants pour sauvegarder leurs tissus social et économique au moment où les chiffres confirment que les entrées illégales dans l’Union ayant chuté de 95% depuis le pic de 2015.
De ce fait une question reste à poser : Pourquoi l’Europe s’ingénie- t-elle à protéger ses intérêts mais jamais ceux des pays du transit comme l’Algérie qui fait face seule et sans aucune aide aux flux aux candidats à « l’Eldorado européen » ?

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