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Conférence de Paris... les dessous d’une initiative

29 mai 2018 | 03:50
Aziri Mohamed Nazim Aziri



Quelles chances pour l’initiative française dans le règlement de la crise en Libye ? Une chose est certaine, il ne faut pas s’attendre à une solution miracle pour mettre fin, séance tenante, à l’un des conflits les plus complexes en Afrique, qui plus est, dure depuis plusieurs années.
Cela dit, Paris aura réussi à réunir les différents acteurs de la scène libyenne. Les plus influents surtout, à l’image de celui qu’on qualifie « d’interlocuteur privilégié de certaines puissances occidentales » ; le maréchal Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne (ANL) et son antagoniste, Fayez al-Sarraj, président du Conseil présidentiel libyen, disposant quant à lui, de la reconnaissance internationale. Sous quel angle faut-il envisager l’initiative française ? Celle-ci semble s’inscrire d’abord dans une logique de leadership diplomatique et économique, avec pour but, d’assoir le rôle de la France dans un pays qui se trouve en principe, dans la zone d’influence de son ancien colonisateur, l’Italie en occurrence. D’ailleurs, la presse italienne ne tarit pas d’éloges l’initiative de Paris. Dans le camp occidental et au sein de l’OTAN, il n’y a pas que l’Italie, « le pays européen le plus impliqué physiquement dans les hydrocarbures libyens avec sa compagnie Eni », qui se voit « bousculer » par la France. La Grande-Bretagne et les États-Unis considèrent, le processus de paix de l’ONU comme la seule option en Libye. Sur un plan régional et dans le proche voisinage, il est surtout important de préciser que les enjeux sont différents et dans une certaine mesure dissemblables. Il est un secret pour personne qu’une Libye pacifiée, forte et stable politiquement, profite au plus haut degré à ses voisins, dont l’Algérie qui partage avec ce pays, outre l’histoire et la culture, plus de 1000 kilomètres de frontières. Pour des pays comme l’Algérie, la Tunisie ou l’Égypte, la prolifération des armes et la présence de groupes terroristes, l’EI notamment, sont des menaces de premier ordre. L’enjeu donc est en premiers lieux sécuritaire et non pas économique. Lors de la dernière tripartite d’Alger, les premiers concernés par la crise en Libye, après les Libyens, ont remis les pendules à l’heure, exprimant sans aucune ambigüité, leur vision commune sur le cadre idoine dans lequel doit se régler la crise.
Dans leur communiqué final, l’Algérie, l’Égypte et la Tunisie, ont exprimé « l’importance de la mise en œuvre du plan d’action onusien », réaffirmant leur soutien à la feuille de route de l’ONU, ainsi qu’à l’Envoyé spécial onusien, Ghassan Salamé, dans sa démarche approuvée en décembre dernier par le Conseil de sécurité.
Pour sa part Abdelkader Messahel, chef de la diplomatie algérienne, affirmera encore plus clairement que "la multitude d’initiatives pour la résolution de la crise libyenne pourrait impacter le processus de règlement et approfondir les divisions internes ».
Le message du ministre algérien des affaires étrangères est on ne peut plus clair. Dans le même ordre d’idée, on pourrait considérer que l’un des aspects affaiblissant l’initiative française, même si celle-ci se déroule sous l’égide de l’ONU, réside et selon des observateurs libyens, dans la nature de la relation qu’entretien Paris avec les différentes parties, notamment le maréchal Khalifa Haftar qui contrôle le croissant pétrolier, ou se trouvent les principaux terminaux pétroliers. Environ 60 % du brut libyen. Une proximité qui soulève des questions d’ordre « géométrique » si l’on prend en considération l’importance de l’équidistance dont doit faire preuve un pays médiateur.
Que faut-il attendre alors de la conférence de Paris ?
Certainement pas le lieu ultime pour faire converger en une seule journée les positions des différentes parties libyennes et encore moins les intérêts de 19 pays "impliqués", conviés à ce rendez-vous. En revanche, pour le président Emmanuel Macaron, elle constitue une occasion de sauver la réputation d’un pays qui a joué un rôle majeur dans le renversement de Mouammar Kadhafi et le désordre qui s’en est suivi.

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