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Comment protéger les 20 000 enfants SDF ?

5 août 2016 | 19:15
Sofiane Abi


La triste et bouleversante affaire de l’enlèvement et de la mort de la petite Nihal à Tizi Ouzou a relancé le débat chez les spécialistes et experts, mais aussi chez l’ensemble de la société civile, autour de la sécurité des enfants devant les kidnappings qui ne cessent d’augmenter.


Quel sera le sort des enfants résidant dans les rues, ces SDF à la fleur de l’âge, dont le nombre dépasse, aujourd’hui, 20 000 dans le pays ? Comment s’assurer que les ravisseurs ne s’emparent pas de ces enfants SDF ?


Les actes d’enlèvement d’enfants ont pris une proportion très inquiétante durant ces cinq dernières années. Chaque année, près de 200 cas de kidnapping sont recensés par les services de la Gendarmerie et de la Sureté nationales.


Ce chiffre, déjà inquiétant, risque fort bien d’augmenter vu la présence de 20 000 enfants, sans domicile fixe (SDF) qui hantent les rues des villes algériennes.


L’affaire de Nihal a replongé, encore une fois, toute la société dans le doute et la crainte des enlèvements d’enfants. Cette affaire est intervenue après tant d’autres ayant alimenté un grand débat autour de ce phénomène de société.


On se souvient de l’affaire d’Amine de Dély Ibrahim qui avait fait la une des quotidiens nationaux, animé des discussions dans les rues, dans les cafétérias et même chez le gouvernement qui avait procédé au durcissement des lois juridiques contre les ravisseurs.Il semble que toutes ces mesures adoptées n’ont rien apporté devant l’ampleur du risque d’enlèvements d’enfants.


Des proies faciles pour les réseaux de malfaiteurs. Les enfants SDF, avec leur bout de carton de fortune, risquent de devenir la prochaine cible des ravisseurs qui surgissent par surprise.


L’heureux dénouement de l’affaire de kidnapping du petit Amine Yarichéne, libéré l’an dernier grâce à une minutieuse enquête menée par la section de recherches de la Gendarmerie nationale, ne doit pas faire oublier les souffrances des enfants en difficulté, confrontés aux dangers d’enlèvements, de séquestration et d’agressions dans de nombreux quartiers.


On pense aux enfants SDF qui peuplent les rues de nombre de villes algériennes et qui peuvent à tout moment être kidnappés ou maltraités.


En 2012, le ministère de la Solidarité nationale a annoncé qu’ils étaient 11 000 enfants sans domicile fixe à errer dans les rues algériennes, précisant que ce chiffre a été établi en 2012.


Le nombre aurait augmenté avec le rythme des expulsions de familles de leur logement et avec la déperdition scolaire, d’après une source proche de ce département ministériel. Ils seraient, aujourd’hui, près de 20 000 enfants à être livrés à la rue.


L’augmentation du nombre d’enfants sans domicile fixe est constatée pendant les patrouilles nocturnes faites par plusieurs structures, dont le Samu social qui multiplie les efforts pour venir en aide à cette frange juvénile de la société.


Cependant, ces structures ne peuvent aller au-delà des moyens matériels disponibles et le problème des enfants SDF, malgré tous les efforts consentis, est toujours là, allongeant la souffrance des enfants en difficulté.


« En chacun de ces enfants je vois un éventuel petit Amine », dit un passant, faisant allusion au kidnapping d’Amine Yarichéne. Le danger guettant ces enfants est quotidien, comme celui d’être enlevés, ou percutés par une voiture ou encore agressés. La nuit, nombreux parmi ces enfants passent la nuit dans des jardins publics ou à même la rue.


Nombre d’entre eux se comptent parmi des familles expulsées de chez elles, d’autres hantent les rues, seuls. Certains tentent de survivre en subvenant à leurs besoins par la vente de cigarettes ou autres produits.


D’autres font dans la mendicité. Abdelhamid est un enfant de 11 ans rencontré aux alentours de la Grande Poste, au centre d’Alger. « Je vis dans la rue depuis une année et je me débrouille en vendant des cigarettes et en essuyant les vitres de voitures de passage », nous dit-il, mais tout en refusant de relater son histoire.

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