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Comment des véhicules volés en Espagne sont vendus en Algérie

25 décembre 2017 | 21:45
Sofiane Abi

La folie des prix des véhicules neufs, qui ne cessent d’augmenter sur le marché de l’automobile du pays, a poussé les Algériens à se rabattre sur les voitures d’occasion, dont les prix sont beaucoup plus cléments.

Cependant, les trafiquants ont bien profité de cette nouvelle donne pour vendre des véhicules d’occasion volés en Europe, particulièrement en Espagne, sans être dédouanés et dont les documents administratifs sont falsifiés.

Les éléments de la Sûreté d’Alger ont démantelé un réseau international de trafic de véhicules composé de trois individus, dont un émigré résidant en Espagne, alors que deux véhicules touristiques ont été saisis ainsi qu’une grosse somme d’argent.

Selon la cellule de communication de la Sûreté d’Alger, le réseau en question a introduit des véhicules d’occasion depuis l’Espagne par le port de Mostaganem, sans les dédouaner ni les enregistrer aux services d’immatriculation des véhicules.

L’affaire a commencé lorsque les éléments de la police judiciaire (PJ) de Birtouta ont remarqué la présence de deux individus suspects à bord d’un véhicule touristique. En s’approchant d’eux pour une opération de vérification, un des individus a brusquement ouvert la portière pour courir vers une petite ruelle.

Dans sa course, il a mis quelque chose dans la bouche pour l’avaler, a indiqué la Sûreté d’Alger. Arrêté, les policiers ont récupéré sur le suspect une petite feuille sur laquelle un chiffre, un numéro de série d’un véhicule, est écrit, qu’il a tenté d’avaler, ce qui a poussé les policiers à s’interroger sur le mobile de son acte.

En fouillant le véhicule ainsi que les deux occupants, les éléments de la section de la PJ ont découvert une somme d’argent de 12,5 millions de centimes en leur possession. 

Les deux individus ont été emmenés vers le commissariat de police de Birtouta pour une enquête. En procédant à la vérification de la voiture suspecte par le biais du système PDA, les enquêteurs de la Sûreté de daïra de Birtouta ont constaté que le véhicule en question n’était pas enregistré au service des immatriculations des véhicules d’Alger, ce qui a poussé les policiers à approfondir leurs investigations.

Lors de leur interrogatoire, l’un des deux suspects a déclaré qu’il y a quelques jours, alors qu’il se trouvait dans un marché hebdomadaire d’automobiles, il a fait la connaissance d’une personne qui prévoyait de vendre sa propre voiture.

Ajoutant que celle-ci ne contenait pas un numéro de série, car elle a été rayée et interdite à la circulation par les services d’immatriculation des véhicules. Suite aux aveux livrés par cet individu, les policiers ont exécuté une extension d’expertise pour perquisitionner le domicile du suspect.

Là, il ont découvert une autre somme d’argent, beaucoup plus importante que la première. Aussi, les policiers ont mis la main sur une autre voiture dont le numéro de série ne s’applique pas à cette marque mais plutôt à une autre marque.

Confronté aux preuves, le présumé trafiquant a avoué avoir acheté cette voiture étrangère, qui n’est pas enregistrée par le service des immatriculations d’Alger, pour un montant de 40 millions de centimes, tandis que les pièces de base ont été remplacées par d’autres.

Pour connaître la provenance du véhicule saisi, les enquêteurs de la police judiciaire ont fait appel au Centre national d’information automatisée et des statistiques douanières. 

Ce dernier a confirmé, après l’expertise, que le véhicule en question n’était pas passé par les services des Douanes, il a été importé illégalement d’Espagne via le port de Mostaganem par un ressortissant étranger ayant une double nationalité, et enfin, le même véhicule n’était pas inscrit chez les services d’immatriculation d’automobile de Mostaganem, car cette voiture n’était pas destinée à l’importation.

L’enquête a dévoilé que les présumés malfaiteurs sont impliqués dans la contrebande internationale des véhicules d’occasion, très demandés sur le marché algérien.

Avec l’aide précieuse de leur acolyte, celui qui possède une double nationalité, le réseau international a réussi, à maintes reprises, à faire entrer sur le sol algérien, via le port de Mostaganem, voire peut-être d’autres ports du pays, plusieurs véhicules d’occasion volés en Espagne, sans les dédouaner.

Une fois les voitures introduites en Algérie, elles passent 6 mois seulement avant que les membres du réseau international ne les marchandent avec d’autres trafiquants qui, eux, vont les revendre après avoir falsifié les documents administratifs et après avoir réussi à les enregistrer aux services administratifs, tout en modifiant le numéro de série ainsi que les plaques d’immatriculation.

L’enquête a également prouvé que le réseau international a toujours choisi les marchés de l’automobile du pays pour vendre les véhicules volés en Europe.

Les trois trafiquants présumés ont été présentés hier au procureur de la République de compétence territoriale, pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux de documents administratifs pour véhicules, contrebande internationale de véhicules et trafic d’immatriculation, où l’un d’eux a été placé en détention provisoire et deux autres en liberté provisoire.

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