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Combien les Algériens dépensent-ils pour leur sécurité ?

28 août 2016 | 19:44
Sofiane Abi

Installer une porte blindée pour sa maison, placer une alarme dans sa voiture, payer une place de parking pour sécuriser son véhicule, placer des caméras pour surveiller son magasin ou son entreprise, monter des barreaudages pour sécuriser sa demeure…

Ce sont là quelques mesures prises par les citoyens afin de sécuriser leurs biens. Des mesures de sécurité certes, mais qui reviennent trop cher et pèsent lourdement dans leur budget et se paye au prix fort.

Si le monde dans lequel nous vivons était un univers de paix, la sécurité des personnes n’aurait pas posé de problème. Mais faute de vivre cette paix et eu égard aux dangers qui menacent la sécurité des personnes, ces dernières sont contraintes d’ »acheter » leur paix, même s’il faut dépenser pour cela beaucoup d’argent.

Installer une porte blindée pour sa maison, placer une alarme dans sa voiture, payer une place de parking pour sécuriser son véhicule, placer des caméras pour surveiller son magasin ou son entreprise, monter des barreaudages pour sécuriser sa demeure, ce sont là quelques mesures, très utiles de nos jours, qui sont prises par chaque citoyen afin de sécuriser ses biens. Chaque année, l’Algérien dépense une moyenne de 50 millions de centimes pour sécuriser ses biens immobiliers, son véhicule, sa famille mais aussi sa boutique ou sa société.

Des charges qui s’ajoutent à d’autres et qui ne font que grossir une facture budgétaire annuelle déjà trop élevée. De plus en plus de citoyens recourent aux portes blindées dans le but de sécuriser leur maison devant le taux des cambriolages en hausse.

Pour installer une porte blindée, le citoyen doit débourser 35 000 à 65 000 DA, bien entendu selon la qualité du produit choisi.
Le marché des portes blindées a connu ces cinq dernières années un boom sans précédent du fait de la livraison de centaines de milliers de logements tous types confondus (social, AADL, LSP, rural etc.).

Au moins deux millions de portes blindées ont été vendues durant cette période, et le marché ne fait qu’augmenter dans la mesure où d’autres projets de réalisation de logements. Cette situation constitue une aubaine pour les vendeurs mais aussi pour les importateurs des portes blindées. Sur le marché sont proposées à la vente des portes blindées de marque chinoise, turque, française, espagnole et même locale.

Les prix diffèrent certes, mais cela reste beaucoup trop cher du moment que la demande est très forte. L’Algérien cherche à tout prix à assurer sa sécurité, et cela se confirme avec la cadence haussière des ventes des produits de sécurité.

Le barreaudage, un marché juteux

La plupart des Algériens qui résident au rez-de-chaussée ou aux deux premiers étages des immeubles recourent au barreaudage de leurs fenêtres.

Ce phénomène est apparu il y a quelques années dans les grandes villes du pays notamment, avant d’atteindre les petites villes de l’intérieur, voire les villages les plus isolés. La demande en hausse a inéluctablement profité aux vendeurs.

Aujourd’hui, on compte plus d’un million de demeures qui en sont équipées, et le nombre est appelé à être revu à la hausse au fur et à mesure que d’autres cités seront livrées. Selon les vendeurs, le chiffre d’affaires est estimé à plus de 700 milliards de centimes. On compte 2 000 vendeurs sur l’ensemble du territoire national.

A la cité AADL d’Ouled Fayet 3, à Alger, on compte 940 logements, dont la majorité des propriétaires situés au rez-de-chaussée ou encore aux niveaux 1 et 2 ont mis des barreaux à leurs fenêtre. « C’est une question de sécurité. Ma première démarche a été de mettre des barreaux aux fenêtres de mon logement et d’acheter une porte blindée. Le tout m’a coûté près de 15 millions de centimes.

Vu que mon appartement est situé au rez-de-chaussée, j’y étais obligé pour éviter toute mauvaise surprise à l’avenir », a expliqué Nasser, un locataire de l’AADL à Ouled Fayet. Son voisin, Farid, un jeune fonctionnaire qui habite au 1er niveau, a fait pareil dans le but de prévenir d’éventuelles tentatives de vol par effraction. Interrogé sur le montant déboursé, Farid nous a répondu : « Comme le dit le proverbe : ״Mieux vaut prévenir que guérir״.

J’ai déboursé plus de dix millions de centimes pour sécuriser mon F3 bien que je sois un simple salarié. » En revanche, ceux qui résident à partir du 3e jusqu’au 9e étage, ils ont choisi, pour la plupart, de placer des fenêtres en aluminium, et ce malgré leur coût élevé. Coûtant de 4 à 7 millions de centimes, les fenêtres faites en aluminium sont très prisées par les Algériens, dont le seul souci reste la sécurité et le confort.

L’alarme, une sécurité qui coûte cher

En plus de la sécurité des maisons, les Algériens se soucient également de celle de leur véhicule, surtout face aux vols et au trafic de véhicules qui fait le bonheur des réseaux de malfaiteurs. Combien de voitures ont été volées depuis ces cinq dernières années ?

Le chiffre est inquiétant. D’après les services de sécurité, on compte déjà plus de 10 000 véhicules volés dans le pays. La plupart des véhicules volés ne sont pas récupérés du moment que les bandes de malfaiteurs s’empressent de les désosser dans des ateliers clandestins ou autres endroits pour les revendre en pièces détachées.

A Alger, plus de 2 000 véhicules ont été volés ces cinq dernières années. Pour protéger leurs véhicules, les citoyens recourent donc de plus en plus à l’installation d’un système d’alarme. Ce choix indispensable est néanmoins très coûteux. Les systèmes d’alarme coûtent entre 8 000 et 12 000 DA au propriétaire d’un véhicule. Sur le marché, ce sont des millions de véhicules qui sont concernés. Un chiffre d’affaires estimé à plus de 500 milliards de centimes, selon les spécialistes et autres vendeurs.

Les parkings, l’autre sécurité qui revient cher…

Sécuriser sa voiture, c’est avant tout s’assurer de l’endroit où on la laisse. C’est un casse-tête pour tous les automobilistes qui voudraient éviter les vols mais aussi la fourrière.

Garer son véhicule dans un endroit où le stationnement est interdit ou la laisser dans un endroit isolé sont les soucis majeurs des automobilistes qui craignent les mauvaises surprises. C’est la raison pour laquelle ils sont contraints de chercher des parkings où leurs véhicules seront en sécurité.

Toutefois, les propriétaires de véhicules sont soumis au diktat de ceux qui tiennent les parkings. 4 500 à 12 000 DA par mois, telle est la somme à débourser si l’on veut sécuriser son véhicule.

… les caméras aussi

Sécuriser sa boutique, voire sa demeure de luxe, contre d’éventuels cambriolages nécessite un système de caméras de surveillance sophistiqué.

Malgré son prix élevé sur le marché, de nombreux Algériens, propriétaires de magasins ou possédant des villas, recourent aux caméras de surveillance pour protéger leurs biens.

Coûtant de 5 à 50 millions de centimes, beaucoup sont ceux qui ont acquis des caméras de surveillance afin de sécuriser leurs biens.
Plusieurs boutiques de la capitale sont ainsi équipées d’une ou de plusieurs caméras, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, afin de contrôler le mouvement des clients.

Ces systèmes de sécurité sont aujourd’hui très demandés par les commerçants, voire par des particuliers à la recherche de nouveaux moyens pour sécuriser leurs biens suite à la multiplication des vols. Le recours à ce système de sécurité coûte cher, en plus des autres mesures prises pour sécuriser maisons et véhicules. Aujourd’hui, la sécurité s’achète au prix fort.

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