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Cnapest : Rassemblement des enseignants à Tizi-Ouzou

5 décembre 2017 | 20:48
Saïd Tissegouine

Le Cnapest ne semble pas être découragé par le silence étrange des pouvoirs publics dans l’affaire de l’enseignante qui aurait été agressée physiquement par une policière et moralement par deux responsables de la direction de l’Education.

Ils étaient plusieurs centaines d’enseignants, affiliés à ce syndicat, à observer hier un rassemblement devant la wilaya de Tizi-Ouzou pour exiger, encore une fois, le limogeage de Rabah Khedim et de Saïd Merbouti, respectivement chef de service du contentieux et chef de service du personnel à la direction de l’Education de la wilaya.

Ce rassemblement fait suite à une multitude d’autres actions décidées par le même syndicat, et ce pour les mêmes raisons, à savoir le départ des deux responsables cités.

Quant à la colère et au mouvement de protestation des enseignants, ils ont pour origine l’agression physique dont a été victime leur collègue H.D.j dans les espaces mêmes de la direction de l’éducation, le 9 octobre 2017, par une policière.

Notons d’emblée que la sûreté de wilaya de Tizi-Ouzou, dans un communiqué rendu public au lendemain du grand rassemblement des enseignants devant l’académie, le 30 octobre 2017, a rejeté catégoriquement les allégations portées par l’enseignante et ses confrères et consœurs contre la policière.

Le communiqué de la police a fait mention de la tentative de la policière de calmer l’enseignante en colère. Cependant, le Cnapest et l’enseignante, élément victimaire de l’agression, sont restés sur leur première version. Voici celle de H.D.J, recueillie aujourd’hui même à l’issue de la manifestation :

« Quand je me suis présentée ce jour-là à la direction de l’éducation pour une affaire en corrélation avec ma carrière, je me suis retrouvée dans un bureau occupé par deux secrétaires. La policière qui m’a agressée, en tenue réglementaire de la police, était aussi derrière un bureau.

Les deux secrétaires m’ont fait comprendre que je ne me suis pas adressée au bon service administratif. Il se trouve que j’ai remarqué que tous autres bureaux étaient fermés. C’est ce que je leur ai fait comprendre.

A la suite des échanges de propos entre les deux secrétaires et moi, la policière s’est levée et m’a demandé, d’un ton menaçant, de lui remettre sa pièce d’identité.

Chose que j’ai refusée. Je lui ai signifié que je n’étais pas dans un commissariat de police. Suite à quoi, elle m’a fait une clef de bras et m’a traînée dehors pour me donner aussitôt une gifle. C’est à moment précis que M. Merbouti a ouvert la porte de son bureau. Donc, automatiquement, il a vu la policière me gifler.

Chose qu’il niera plus tard. Pire encore, quelques temps plus tard, je me suis retrouvée dans un bureau avec la policière et d’autres de ses collègues, dont l’un d’eux s’est présenté comme le chef de brigade.

Tous m’ont prise d’assaut avec des questions avec l’intention, bien sûr, de me faire perdre mes moyens. De leur côté, le chef de service du personnel et le chef de service du contentieux m’ont menacée de représailles.

L’un m’a menacée de faire un rapport au ministère sur mon mauvais comportement en me signifiant que je risquais six mois de prison et l’autre m’a signifié que l’accusation contre une policière pouvait me coûter très cher et, par conséquent, j’avais tout intérêt à me taire et à oublier l’incident.

« A notre question de savoir pourquoi elle n’a pas déposé plainte contre la policière qui l’a agressée, notre interlocutrice a répondu qu’elle redoutait les faux témoignages et des deux responsables de l’académie et des policiers en question, dont le chef de brigade et la policière qui l’a agressée.

Dans notre enquête, nous avons appris également que la direction de l’éducation d’abord, le wali, Mohamed Bouderbali, ensuite, ont proposé au Cnapest la création d’une commission d’enquête pour déterminer si oui ou non l’enseignante a été effectivement agressée par la policière, mais les animateurs de ce syndicat ont rejeté cette offre.

A notre question à Abderrahamane Ouaked , coordinateur de wilaya du Cnapest, sur ce refus, il nous a déclaré que nous étions persuadés – et nous le sommes toujours – qu’une commission d’enquête ne pouvait qu’occulter la vérité.

« Pour nous le Cnapest, notre exigence est claire à présent : le limogeage pur et simple du chef de service du contentieux et du chef de service du personnel. « « Nous considérons que le contrat moral entre ces deux personnes et la famille enseignante n’existe plus « , a affirmé encore notre interlocuteur.

Notons enfin que l’enseignante, qui serait victime d’une agression, a pointé un doigt accusateur en direction du directeur de l’éducation de la wilaya, Ahmed Lallaoui. H.D.J l’a accusé d’avoir, à partir de son compte twitter, noté « mon nom et prénom, mon adresse et mon numéro de téléphone ».

« Et depuis, je n’arrête pas de recevoir des coups de téléphone par des individus à n’importe quelle heure du jour et de la nuit « , a-t-elle affirmé. Quant à d’éventuelles menaces, notre interlocutrice a reconnu qu’elle n’en n’a pas reçues.

Le seul désagrément subi est donc les dérangements incessants causés par les coups de téléphone. Notons en dernier que les enseignants affiliés au Cnapest sont en grève illimitée depuis le 19 octobre.

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