Culture

#TITRE

671

Cheb Houssem, un chantre du « Raï new wave »

17 juin 2016 | 22:25
M. D.

Il est un guru du net sans être un produit des écoles du marketing online. Ses tubes brisent les fils du cyberespace. Il est quasiment au sommet des chanteurs les plus adulés par les internautes sur les réseaux sociaux. Sur Youtube, le réseau le plus prisée des Algériens après Facebook, il dame le pion à ses aînés, les Khaled, Mami et Cheb Bilal. En termes de statistiques, il est au-dessus de la mêlée des Raïmen de sa génération.

Il est le plus visible. Il est le premier artiste algérien local qui a badgé et certifié sa page Facebook toutes en lançant des applications mobiles sur Android, ce qui donne à penser qu’il a recouru à des professionnels du marketing digitale. Il use de son image comme un brand, non pas comme un produit commercial, mais pour se détacher des styles d’attirance basée sur la suggestion auxquels se livrent les stars de la chanson « Raï new wave » .

Son look convoque Dave Gahan, leader du mythique groupe britannique « Depeche mode » mais il a une voix de crooner, aussi suave qu’entraînante dans toutes les déclinaisons en note ou en timbre. Son attachement à ses racines s’entend aussi bien dans ses textes que dans ses mélodies.

Un nouveau label Raï

Cheb Houssem, avait certes entamé en 2006 son parcours par les sombres et tortueux couloirs des boîtes de nuit, où autrefois le Raï s’était calfeutré derrière des portes capitonnées loin des regards d’une société peu encline alors à donner libre cours à ceux qui trouvaient dans ses lieux le moyen de noyer leur chagrin et dans cette musique, le style dans lequel ils s’identifient.

Et quand il était loin des boîtes, les fêtes de mariage ou des galas le rattrapaient, des passages obligés pour se frayer un chemin dans une industrie, où pullulent de chanteurs ambitieux comme lui mais qui n’arrivent pas, malheureusement, à tenir face à la pression du milieu et la forte exigence du public.

Les fêtes de mariage ont vu passer de grandes noms de la musique algérienne tout style confondus, à l’image de Hadj M’hamed El Anka ou Guerrouabi, dans le Chaâbi, Mohamed Tahar Fergani pour le Malouf et Boutayba Seghir pour le Raï sans oublier les Bellemou, Cheb Khaled, Cheb Hasni, Chaba Zehounia ou des stars d’aujourd’hui, comme cheb Abdou ou cheba Djenat .

Cheb Houssem ne pouvait alors déroger à la règle mais lui « le fils de bonne famille » , comme on le surnomme à Oran, il ne voulait pas se hasarder longtemps dans cette voie qui ne correspondait pas à la vision qu’il se faisait de la musique Raï.

Après s’être essayé au métier du mannequinat à Oran, il sentait la musique comme seul exutoire à ses ambitions et à sa façon de décrypter la musique Raï. AbdelKrim Z, de son vrai nom, n’a pas tenu longtemps dans ses dédales nocturnes qui le maintenaient prisonnier du large public, de monsieur tout le monde, de ces jeunes qui ne peuvent pas s’offrir le luxe d’une soirée dans une boîte de nuit souvent huppé et réservée à une clientèle qui piochent dans d’autres délices que le Raï.

Auteur-compositeur et musicien multi-instrumentiste, il se lance dans ce qui est baptisé le » Raï new wave « qui constitue une fusion entre des influences mélodiques occidentales et orientales. Dans sa quête de ce style, il n’a pas perdu de vue l’essence algérienne qui est justement le socle de cette musique et avant tout l’identité.

Le recours aux nouvelles technologies sont aussi la marque de fabrique de ce style qui « ne révolutionne pas le Raï, dit-il, mais lui donne, comme, à chaque fois, depuis des décennies et à travers les artistes qui se sont succédé, un nouveau cachet ou une nouvelle déclinaison sans pour autant altérer les notes originelles « . Il se lance pendant quatre ans de 2007 à 2011 dans la recherche de nouveaux sons autour desquels il impose son « label « Raï.

C’est en 2011 que ses efforts sont récompensés avec son premier succès qui scelle sa transition dans le Raï et surtout sa rupture avec le sensationnel auxquels se livrent nombreux de ses pairs. Suite à ce succès, les offres vont pleuvoir sur son e-mail ou son portable.

Il est alors contacté par les plus sérieux des compositeurs, arrangeurs et paroliers dans l’industrie du Raï, à l’image Benslimane Kacimo (établi en France) qui a réalisé plusieurs albums pour Cheb Bilal et Rabie les castors.

Sous la houlette de ce dernier, Cheb Houssem signe son tube de 2016 intitulé Nti achqek saib sortie en mars dernier et qui a brassé 9 millions de vues sur Youtube. C’est dans cette plateforme qu’il va, désormais, imposer une notoriété jamais égalée par ses concurrents. Il devient le chanteur algérien le plus populaire sur le net sinon un des poids lourds des réseaux sociaux.

Il fait exploser la bulle

Le nombre de vues enregistré par ses chansons « sans vidéos « dépasse de loin celles du King du Raï Cheb Khaled. Sa chanson Malgré Tfarakna récolte plus de 38 millions de vues en 9 mois seulement, Khatira Khatira, 19 millions de vues, Kalmet Omri, 14 millions de vues, omri bghit ndemandi 5 millions de vues soit presque 80 millions de vues pour quatre titres seulement, un score impressionnant loin de la moyenne d’un million de vues engrangé sur Youtube par les chansons des autres artistes de sa génération. Seul Cheb Khaled a pu amasser 56 millions de vues mais en cinq ans pour sa chanson On va danser.

Cheb Houssem doit son succès à son public et à son abnégation et son ambition de produire un travail professionnel ce qui n’a manqué d’attirer l’attention de la star de la chanson orientale « Houda Saâd « , installée au Liban. Elle a posté récemment une vidéo sur sa page officielle sur Facebook reprenant l’une de ses chansons de Cheb Houssem, une confirmation de son aura internationale et de sa dimension extra-muros en étant courtisé dans plusieurs pays arabes, en particulier au Maroc où il se produit souvent.

« J’ai travaillé et je continue à travailler dur pour m’affirmer davantage sur la scène artistique, et non seulement celle du raï « , confie-t-il.
Une nouvelle dimension

Cheb Houssem aspire à passer à un palier supérieur en s’installant derrière les consoles en tant que producteurs entouré d’un orchestre étoffé et chanter en duo avec des chanteurs ou chanteuses d’autres pays arabes, un moyen pour lui, de briser les frontières et renforcer la fraternité arabe et maghrébine avant tout mais tout ne perdant pas de vue l’universalité qui a fait du Raï l’une des cartes maitresses de la « World Music « .

Pour lui cette nouvelle étape s’inscrit dans le prolongement, du contrat moral qu’il a conclu avec son public « l’amour que porte le public à son artiste préféré est en soi une lourde responsabilité « , dit. Pour lui, il est hors de question de « décevoir ses fans qui constituent notre raison d’être « .

Il reste, toutefois, pour Cheb Houssem, un lancinant problème, celui de trouver en Algérie un Raï manager valable en Algérie alors qu’il n’éprouve aucune difficulté à dénicher des agents artistiques qui s’occupent de ses concerts au Maroc, en Europe et au Canada. Il s’agit pour lui de battre le rappel d’un staff sérieux et professionnel afin de porter son art vers des dimensions jamais atteintes par ses prédécesseurs...

Commentaires

    Horaire des prières / ALGER
  • Fadjr: 0
  • Dhohr: 0
  • Assr: 0
  • Maghreb: 0
  • Isha': 0
  • Agenda Officielle

caricature

caricature

SONDAGE

Le Hezbollah libanais est-il un mouvement de résistance ?

Facebook

Twitter