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Chakib Khelil, une "vision" en trois dimensions

16 mai 2016 | 20:57


L’ancien ministre de l’énergie et des mines, Chakib Khelil, estime que la sortie de la crise économique qui secoue l’Algérie passe par trois axes fondamentaux nécessitant l’implication de toutes les potentialités du pays devant servir, à terme, à réduire la dépendance aux richesses irrécupérables ou vouées à disparaitre comme le pétrole.​


« Ma vision de l’Algérie de demain repose sur trois dimensions plus que jamais nécessaires et inévitables pour enclencher une politique économique et sociale favorisant l’émergence d’un modèle de gestion des ressources qui ne sera plus l’otage des hydrocarbures » , a affirmé Chakib Khelil lors d’une rencontre, ce lundi 16 mai, au siège du journal arabophone El Hiwar.


Le premier axe sur lequel devrait reposer cette stratégie est la diplomatie, a-t-il dit, expliquant qu’il « reviendra à nos diplomates de prospecter et de cibler les segments sur lesquels pourraient être orientées nos exportations ou nos investissements ».


Revenu au pays après une éclipse de plusieurs mois en raison des accusations portées à son encontre par la justice algérienne, l’ancien expliquera que « les ambassades sont suffisamment outillées pour faire en sorte à ce que la diplomatie devienne au service de l’économie à travers la mise en place d’une nomenclature de marchandises pouvant être exportées ou des segments pouvant servir à l’investissement et au partenariat ».


Cette orientation ne saurait se faire sans associer les compétences au sein de la diaspora algérienne dans le monde. « Nous devrons bénéficier de manière effective de l’expertise algérienne, sous des formes qui favorisent un développement permanent » , a-t-il ajouté.


Toutefois, la mission de la diplomatie ne se limiterait pas, à ses yeux, à ce chapitre mais doit aussi « s’étendre aux règlements des conflits dans le voisinage et dans tout le continent africain. Pour l’ancien patron de Sonatrach, l’Afrique devrait constituer le prolongement économique de l’Algérie.


Le second axe de la « vision » de Chakib Khelil visera à instaurer un développement continu. Il s’agit, a-t-il souligné, de lancer une politique économique avec des plans à long terme dans les domaines créateurs de richesses et de profits articulés, au demeurant, sur la nouveauté et la diversité. 


Pour Khelil, chaque secteur doit faire l’objet d’une analyse et d’une stratégie avec des priorités.
Mais dans cette optique l’Algérie devrait se tourner vers l’Afrique qui constitue un marché prometteur de 800 millions d’habitants. « Il est temps que l’Algérie accède, avec force, aux marchés africains que ce soit sous le statut d’exportateur ou d’investisseur « , a-t-il encore dit.


Le troisième axe sur lequel est basée sa feuille de route touche les aides et le soutien de l’Etat aux couches défavorisées.
« Au moins 20 % du PIB (produit intérieur brut) est consacré au soutien de toute forme apporté par l’Etat », a-t-il fait dit affirmant que ceux qui bénéficient de l’aide publique ne sont pas forcément les nécessiteux.


Selon lui, il est impératif d’établir une justice en instaurant un système d’aide ciblée qui protège autant les deniers publics que les nécessiteux.


« Pourquoi le soutien va aux grandes entreprises commerciales alors qu’en principe il devrait être réservé à ce qui ont en besoin », s’est-il interrogé.
Evoquant, les accusations de corruption dont il fait l’objet de la part de ce qu’il qualifie de « certains cercles », l’ancien ministre s’est dit surpris que chaque fois ces « accusations infondées émanent des milieux médiatiques français qui sont ensuite relayées par des médias algériens ».


Khellil se considère victime d’un règlement de compte compte tenu du fait , dit-il, que « lorsque j’étais à la tête du ministère de l’énergie et des mines je me suis rendu compte des entorses et manœuvres rédhibitoires des entreprises française dont Total, plus soucieuse à paralyser des projets en Algérie qu’a les développer y compris lorsque ces projets lui sont confiés suite à une soumissions légale ». 
Son retour en Algérie à travers la ville d’Oran où il a été reçu par le wali en personne dans le salon d’honneur de l’aéroport Ahmed Ben Bella alors qu’il n’occupait aucun poste au sein des institutions algériennes, a donné lieu à de nombreuses interpretations dans les milieux médiatico-politiques.
Certains voient en lui un potentiel présidentiable tandis que d’autres ne cesse de réclamer qu’il soit traduit devant la justice. 

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