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Chaînes de TV : l’assainissement

23 mai 2016 | 20:22
Amine B.

« A partir d’aujourd’hui aucun dépassement ne sera toléré ». C’est en ces termes que l’avertissement d’Abdelmalek Sellal est venu sonner le glas des derniers excès « osés » par quelques chaînes de télévision. Des excès qualifiés aussi de dangereux.

Le Premier ministre a donné sans ambiguïté un quitus et même un blanc-seing à son ministre Hamid Grine dans l’affaire qui oppose le département de la Communication au groupe de presse El-Khabar et à l’homme d’affaires Issaâd Rebrab.

Le chef de l’exécutif invite ainsi le ministre de la Communication à procéder au plus tôt à la fermeture des chaînes non autorisées et qui seraient au nombre de 55.

Pour Sellal, seules cinq chaînes sont autorisées à diffuser à partir du sol algérien. Cette montée au créneau du Premier ministre fait suite aux dernières dérives auxquelles se livrent depuis quelques temps certaines chaînes de télévision.

Un rappel qui n’absout pas pour autant les tenants du pouvoir qui ne manquent de verser dans le deux poids deux mesures. Et pour cause, cinq chaînes auraient été admises à émettre à partir du sol algérien, en attendant que toutes se plient au cahier des charges avant de prétendre étendre leurs investissements.

Des balises à ne pas franchir, dont celles de l’unité nationale, de la sécurité et de la défense nationale ainsi que celles des intérêts économiques et diplomatiques du pays sont, entre autres, des barrières à ne pas franchir pour espérer faire partie du groupe probablement très restreint des médias lourds algériens.

Pour cela, et en attendant que soit enfin livrée la composante de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel qui devrait, à en croire le cahier des charges, veiller à ce que les candidat au quitus s’engagent surtout de s’abstenir de servir des groupes d’intérêt et de faire l’apologie de la violence, de ne pas verser dans la provocation, dans la discrimination raciale et le terrorisme », un « filtrage » s’avère nécessaire, à en croire Sellal.

Le Premier ministre, en reconnaissant que « certaines chaînes de télévision pratiquent la publicité mensongère, la manipulation et l’humiliation », un exercice qui « peut créer un déséquilibre dans la société algérienne, provoquer la fitna et favoriser le régionalisme », n’a pas pour autant préciser que parmi les cinq chaînes candidates au sésame, certaines n’ont pas manqué de verser dans le même débat.

Paradoxal constat que celui, en tout cas, auquel est arrivé l’Algérien, contraint mais aussi et surtout tenté d’assister médusé à de spectaculaires révélations auxquelles s’adonnent par canaux télévisuels interposés politiques et décideurs.

Contraint, parce que depuis l’ouverture « anarchique » du champ audiovisuel à la faveur des événements de 2011 qui allaient déboucher sur le printemps arabe, il était dit que des années de vadrouille télévisuelle entre chaînes qataries, égyptiennes et autres syriennes devaient tôt ou tard aboutir à l’usure et que le produit local ne pouvait que mieux servir le téléspectateur algérien.

Mais il aura fallu très peu de temps, et en l’absence d’une véritable volonté de l’Etat d’ouvrir le champ, et par ricochet d’assumer son rôle de régulateur, pour que le champ médiatique, pourtant à un stade pseudo embryonnaire, s’emballe. En moins de trois ans, une soixantaine de chaînes de droit extra muros voit alors le jour dans des conditions faisant des fois intervenir de simples courtiers étrangers.

Quelques-unes ne manqueront pas d’afficher la couleur, optant pour une confrontation franche avec le pouvoir, saisissant la moindre occasion pour verser dans le dénigrement.

Le Premier ministre, en agissant certes tard, semble en tout cas porteur d’une feuille de route vraisemblablement rédigée dans le but de mettre fin à l’anarchie qui a fini par régner en maître dans un secteur où les acteurs ont pris de court le modérateur censé être représenté par l’autorité de régulation. 

D’ailleurs, sur un ton ferme, Sellal a annoncé hier l’intention ferme du gouvernement de redresser le secteur, un secteur, a-t-il dit, livré à l’anarchie. Il précisera ainsi que « les valeurs et les principes de la société algérienne sont des lignes rouges », en regrettant que « ces limites ont été franchies » par certains médias, sans toutefois les citer.

Ce fut aussi une occasion pour lui de rappeler que Hamid Grinen’agit pas seul. « Le ministre est mandaté par le gouvernement pour redresser le secteur », a-t-il affirmé. Cela se fera très rapidement, dans les jours qui suivent, a-t-il laissé entendre.

« Un cahier des charges sera arrêté. Les chaînes qui respectent ses clauses seront agréées comme étant des supports de droit algérien, le reste sera interdit d’exercer à partir du sol algérien ».

Autrement dit, que celui qui ne veut pas suivre sera contraint de songer à faire autre chose. Peu de mots mais beaucoup de non-dits. Mais en attendant, le procès entre le ministère de la Communication et le Groupe El Khabar sera peut-être... le tournant.

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