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Ces antennes paraboliques qui défigurent l’environnement

11 juin 2016 | 21:25
Amel Saïdi

Depuis l’apparition de l’antenne parabolique au milieu des années 1980 et sa généralisation durant les années 1990 à travers le pays, en général, et la capitale en particulier, les Algériens sont entrés de plain-pied dans la révolution des images.

Cette modernisation ou ce foisonnement de chaînes et de programmes nouveaux n’étaient pas sans impact sur l’environnement.

En effet, pour capter l’ »étranger », les usagers sont tenus de s’équiper d’antennes paraboliques, sans pour autant prendre en compte le règlement qui suggère le respect lié aux façades des immeubles.

« Les antennes paraboliques poussent comme des champignons sur les balcons, les terrasses et autres fenêtres du centre-ville.
C’est dégradant pour l’environnement ! », tonne Mohamed, 50 ans, habitant depuis sa naissance à Bab el Oued. Membre d’une association visant à embellir le quartier, Mohamed tient à pointer du doigt les immeubles de l’artère où il réside : « Regardez tous ces balcons comme ils sont hideux. Des antennes qui rappellent des couscoussiers orientés vers le ciel. Jetez un coup d’œil à ce balcon, ne voyez-vous pas trois assiettes ? », s’écrie, dépité, notre interlocuteur.

Une autre personne, attirée par l’ »irritation de notre guide, se joint à nous. C’est Khalti Fatiha, une Algéroise de 77 ans, dont le témoignage nous a fait voyager dans le passé. « A mon époque, on n’avait pas toute cette quincaillerie sur les balcons. Il y avait des contrôleurs qu’on appelait police de l’urbanisme qui maintenait l’ordre dans tous les quartiers.

Au-delà de 10h les balcons se devaient d’être vides : personne n’avait le droit d’étendre son linge, de secouer son tapis ou d’arroser ses plantes… Sinon gare aux récalcitrants, qui étaient verbalisés fortement », se souvient, nostalgique, cette septuagénaire. Et d’ajouter : « Rien ne devait paraître abominable, les façades devaient rester nickel ».

Résolue à « vider son sac », notre interlocutrice n’hésite pas à nous rappeler « comment était la télé des années 60-70 ». « Une antenne UHF installée sur la terrasse suffisait à capter notre défunte RTA, en noir et blanc. Les émissions commençaient à 17 H et finissaient à 23h30. Ah la belle époque !

Où sont passés les sketchs de Ouenniche, Mohamed Hilmi et son frère Saïd, Nouria, Farida Saboundji, Fatiha Berber, le feuilleton de khalti Aâyni… « , nous dit, la larme à l’œil, cette férue de la télé d’autrefois, avant de ramasser son couffin, tout en arrangeant son hayek, cette étoffe de soie blanche qui faisait autrefois office de « satra » pour les femmes algéroises. Il faut dire qu’en dépit des nombreux opposants à l’anarchie et au non-respect de l’usage des antennes paraboliques, les pouvoirs publics peinent à réglementer ce secteur.

Cependant, des décisions ont été prises au niveau local, à l’exemple de l’APC d’Alger-Centre, qui tendent à interdire progressivement la pose anarchique de ces « assiettes ». « Tous les grands boulevards du centre d’Alger sont concernés par cette mesure.

Selon le président de l’APC d’Alger-Centre, Abdelhakim Bettache, cette opération sera suivie par des travaux de restauration des immeubles. « Terminé donc les paraboles sur les balcons et l’installation de climatiseurs sera dorénavant réglementée », précise le jeune édile.

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