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Campagne électorale : surenchères et dépassements

10 avril 2017 | 20:36
Hocine Adryen

Plusieurs partis politiques qui ont pourtant réservé des salles ont brillé par leur absence au premier jour de la campagne électorale
qui s’est ouverte officiellement dimanche dernier. Leurs meetings n’ont pas eu lieu, a indiqué ce lundi le directeur de la HIISE
dans la wilaya d’Alger, Idir Hassaine.

Ce dernier a indiqué que sur 17 partis politiques qui se sont engagés dans la course dans la capitale, cinq à six partis sont portés aux abonnés absents.

Au sujet des dépassements constatés au niveau des panneaux d’affichage, seuls deux partis, le FLN et le Rassemblement pour l’espoir de l’Algérie ont été remis à l’ordre. En effet des dépassements en matière de non-respect des espaces consacrés à chacun des partis ont été constatés, notamment à Bab El Oued et Ouled Fayet.

Ces dépassements ont fait réagir la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE) qui a lancé un appel, dimanche, à tous les candidats engagés dans la campagne électorale. Ainsi, et dans un communiqué rendu public, la HIISE appelle « à hisser la compétition politique au niveau souhaité, un niveau qui reflète l’évolution de la classe politique en termes de discours et de civilité dans la pratique politique, et le souci de gagner la confiance du citoyen et le servir à travers les programmes proposés et les objectifs annoncés » souligne-t-elle.

Dans le même sens, l’instance présidée par Abdelwahab Derbal invite au respect des lois et règlements régissant le déroulement de la campagne électorale à travers les plages horaires et les espaces désignés à cet effet, sans aucun dépassement ni excès.
Et d’exhorter encore à « faire preuve d’esprit chevaleresque, dans le calme, la responsabilité, la sécurité et la sérénité publique » conclu-t-elle à ce chapitre.

L’avertissement lancé par le président de la HIISE relatif a l’utilisation des moyens de l’Etat a été semble-t-il entendu par les deux principaux leaders du FLN et du RND, spécialement visés par cette instruction : « Je me déplace avec ma voiture personnelle.

Je n’utilise pas les moyens de l’État. Nous avons, au FLN, plus de 500 000 militants. Si chacun verse un DA sur le compte du parti, on sera en mesure de mener 10 campagnes électorales », a indiqué Ould Abbès lors de sa rencontre avec l’ambassadrice US en Algérie Joan Polaschik, accompagnée d’assistants parlementaires US reçus hier au siège du parti.

De son côté, le SG du RND, Ahmed Ouyahia, a indiqué qu’il utilise son véhicule personnel pour ses déplacements terrestres, ajoutant même avoir pris sur lui un congé d’un mois pour mener à bien cette campagne électorale.

Une campagne timide

La campagne électorale des législatives a commencé timidement, en dehors des banderoles et autres affiches. On remarque une abondance de matériaux de campagne (banderoles, affiches, portraits, etc.) du candidat de la majorité, tandis que les autres ont une visibilité toute timide.

De même, de nombreux spots de campagne sont diffusés abondamment sur le candidat de la majorité, à la radio et à la télévision nationale. Les médias audiovisuels appellent les candidats à faire connaître leurs activités de campagne électorale, pour qu’un traitement équitable soit assuré. 

Enfin, les autorités publiques déplorent le comportement des inciviques qui détruisent ou mettent des graffitis sur les affiches ou les photos de certains candidats. Les citoyens sont appelés à observer un comportement civique et digne basé sur le respect des candidats.

Les leaders des principales formations politiques ont commencé à avancer des idées les unes plus hardies que les autres. Une surenchère de projets à caractère industriel ou économique. Le président de TAJ, Amar Ghoul, a appelé le champ de l’économie nationale vers les Hauts Plateaux et le sud du pays.

Il a affirmé que Tiaret est une région stratégique, pionnière dans le domaine agricole et les industries mécaniques, qu’il faut soutenir avec des infrastructures de base et l’accélération de la réalisation de ce qui est programmé, afin de créer la complémentarité et lancer l’activité économique en la reliant au réseau autoroutier et aux chemins de fer.

Ghoul a proposé, dans ce sens, la création d’entreprises industrielles agricoles, à l’instar de celles des équipements et du matériel agricoles et de transformation, ajoutant que toutes les wilayas du pays et toutes les couches de la société doivent participer au développement local à travers l’exploitation des vastes superficies dans les secteurs.

Le RCD estime, quant a lui, que le changement demande la mobilisation de l’ensemble des potentialités socio-économiques du pays, un planning rigoureux, des opérations concrètes et un contrôle des états d’avancement à tous les niveaux, appelant à une mobilisation citoyenne qui peut changer la donne : « Notre ambition est, en premier lieu, de libérer l’individu grâce à une citoyenneté pleine et entière matérialisée par l’égalité en droits et la promotion des libertés publiques et d’organisation », dit-il.

Ainsi, l’ambition de cette formation politique est de redynamiser l’activité économique, en particulier dans l’industrie, l’agriculture, l’énergie et le tourisme avec ses pendants qui sont la promotion de la culture et de l’artisanat.

Louisa Hanoune plaide, quant à elle, pour l’abrogation des lois qu’elle considère néfastes pour les travailleurs. Hanoune a, dans ce contexte, souligné que les droits s’arrachent et ne se donnent pas, précisant que « nous sommes dans une période décisive nécessitant la participation de tous pour aboutir au changement et faire entendre la voix de la classe ouvrière ».

La SG du PT a affirmé qu’elle abordera d’une manière critique toutes les lois promulguées par le gouvernement et son « concours à la détérioration de la situation économique et sociale ainsi qu’au pouvoir d’achat des citoyens ».

Elle a évoqué en premier lieu la loi de Finances en sus du code du travail, la loi sur la retraite et l’investissement et d’autres textes adoptés, lors de la dernière législature, affirmant qu’il existe des solutions et des propositions concrètes pour sortir de la crise qu’elle attribue au gouvernement actuel.

Enfin, le FLN veut agir sur deux axes politico-économiques qu’il veut parallèles mais complémentaires : un soutien à l’initiative privée et le maintien des secteurs stratégiques sous contrôle de l’Etat.

Le concept FLN sur l’économie et le marché restera donc étroitement lié au rôle de l’Etat dans la gestion du processus de développement à travers la maîtrise et le contrôle des secteurs stratégiques vitaux et son intérêt permanent à la protection des catégories vulnérables, des nécessiteux et celles aux besoins spécifiques explique le parti.

Sur cette base, le FLN juge, dans un programme reposant sur quatre grands axes de développement, « impératif » d’adopter une approche économique qui favorise l’encouragement de l’initiative privée en matière d’investissement et de protection de la propriété privée de l’individu.

Concernant le volet d’importance lié à la sécurité alimentaire, le FLN propose de promouvoir le développement rural par le désenclavement, la création d’un environnement adéquat aux habitants des zones rurales, l’allocation de surfaces à l’agriculture et l’introduction de techniques de production et de commercialisation modernes.

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