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Calvaire des migrants africains au Maroc

19 août 2018 | 00:46

Le Maroc qui s’enorgueillit, plus que tout autre pays du continent, de pratiquer une politique migratoire juste et humaine envers les Africains de passage sur son sol pour rejoindre l’Europe via l’Espagne, vient de prouver son immense hypocrisie légendaire au monde entier. Ses relais médiatiques, surtout français, qui ont longtemps caché le soleil avec un tamis, ne peuvent plus désormais le soutenir. La presse mondiale, et surtout espagnole, a révélé ces derniers jours la face morbide d’un système basé sur la rapine, la corruption et surtout le mensonge.
Deux jeunes maliens ont trouvé la mort à la suite de descentes policières dans la ville de Tanger.
Les deux victimes, refoulées de Tanger, étaient à bord de l’autocar qui les emmenaient plus au Sud », explique Omar Naji, président de la section Nador de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH).
Au niveau de Kénitra, les deux victimes se sont jetées depuis l’autocar, explique-t-il. L’ONG « Caminando sin fronteras » a localisé le corps du premier dans une morgue.
La deuxième victime est décédée, jeudi dernier, après un coma. L’ONG a également relayé une vidéo où l’on peut voir les deux victimes allongées sur le sol et menottées l’une à l’autre. Les deux étaient visiblement blessées à la tête, précisent-ils. Enclenchées le 7 août, les arrestations et déplacements sont menées dans les forêts, les rues et dans les appartements. Dans une interview accordée à El Independiente, l’archevêque de Tanger, Santiago Agrelo, dénonce le déplacement forcé de 2 000 subsahariens en l’espace de deux jours. « On parle de deux mille personnes rien que sur le territoire de mon diocèse, qui est essentiellement la région de Nador, Tetouan, Tanger et les alentours ». Les arrestations visent aussi des personnes qui sont en règle au Maroc, s’étonne l’archevêque : « Si une personne de couleur descend dans la rue, cela la rend suspecte et susceptible d’être arrêtée. Ce sont des choses que je n’arrive pas à comprendre », s’indigne Santiago Agrelo dans la presse espagnole.
Cette angoisse dans laquelle vivent de milliers de migrants au Maroc les vulnérabilise d’autant plus, et les rend « impuissants et désorientés », explique l’archevêque.
De plus, « sur quelles bases juridiques cela peut avoir lieu ? », s’étonne-t-il. « Tout cela m’échappe : entrer dans les appartements, prendre les gens par la force et prendre tout ce qu’ils ont », s’exclame-t-il.
Jeudi dernier, l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) a adressé une lettre ouverte au gouvernement, dénonçant non seulement le déplacement forcé massif de migrants subsahariens, mais aussi la séparation des enfants de leur mère : « La série de violations n’a pas arrêté, aggravée par la séparation des enfants et des nourrissons de leur mère.
Des femmes, dont certaines enceintes, ont été agressées », écrit-elle. L’association appelle le gouvernement à intervenir d’urgence pour « mettre fin à toutes les campagnes arbitraires de détention et de déplacement forcé de migrants dans toutes les régions, en particulier dans le nord du royaume ». L’association demande aussi « l’ouverture d’enquêtes sérieuses sur toutes les violations qui ont été et continuent d’être commises ».
L’AMDH estime que le Maroc doit « cesser de jouer le rôle de garde-frontières de l’Union européenne, qui doit assumer ses responsabilités pour accueillir les migrants et les réfugiés conformément aux obligations internationales ».
L’Union européenne a promis des aides financières au Maroc. Podemos, le parti de gauche, a toujours le Maroc dans le viseur. Cette fois il est remonté contre la promesse, faite par Pedro Sanchez et Angela Merkel, d’accorder davantage de fonds au royaume pour faire face à la migration. Il déclare son rejet d’une telle « générosité », de la part de l’Union européenne, soulignant qu’ils ne pourraient soutenir un accord encourageant « une politique répressive que le gouvernement (espagnol) ne devrait pas partager », indique la publication en ligne ECD citant des sources au sein de Podemos. Cette formation politique, arrivée en troisième position lors des législatives, estime que « financer des tortionnaires » ne résoudrait pas le problème de la migration. Cette position, ajoutent les mêmes sources, a été transmise à Pedro Sanchez et à ses collaborateurs avant même sa réunion avec la chancelière Merkel.
Et de rappeler que Podemos s’est toujours opposé à tout projet d’accorder des aides au Maroc pour qu’il joue le gendarme de l’Union européenne. Début août, l’un des porte-parole de la formation à la Chambre des représentants a accusé Rabat de mener une opération de « chantage » avec le dossier de la migration.

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