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Bouteflika ravi de l’élection d’un « ami » de l’Algérie

8 mai 2017 | 21:47
Amine B.

Les relations entre Alger et Paris ont rarement été empreintes d’espoir aussi marqué. L’annonce de l’élection avant-hier d’Emmanuel Macron à la tête de l’Etat français a été plutôt chaleureusement reçue par les autorités à Alger.

La protocolaire lettre de félicitations d’El Mouradia ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. Dans sa missive hier à son homologue français, le président de la République Abdelaziz Bouteflika a mis en exergue les engagements du nouveau locataire de l’Elysée.

Relevant la force de la volonté de l’homme, la lucidité de sa vision et la rectitude de ses engagements, le chef de l’Etat a qualifié l’élection d’Emmanuel Macron de « bien méritée ».

« Le peuple français, qui a su choisir en vous l’homme d’Etat, de cœur et d’esprit, capable de présider à ses destinées dans cette conjoncture difficile et de conduire sa trajectoire vers l’avenir qualitativement meilleur que vous avez projeté avec une conviction communicative, a, ce faisant, fort opportunément distingué un ami de l’Algérie », a écrit le chef de l’Etat dans son message.

Lui rappelant ses déclarations au cours de sa récente visite à Alger, le chef de l’Etat a qualifié les initiatives du candidat Macron de démonstration de sa claire détermination à travailler avec l’Algérie.

« Vos anticipations et vos initiatives ont fait l’ample démonstration de votre claire détermination à travailler avec nous à compenser les occasions manquées dans les relations algéro-françaises par l’ouverture de nouveaux horizons porteurs de la promesse d’une mémoire résolument assumée dans sa vérité et son intégrité et d’une amitié véritablement arrivée à la maturité », a, en effet, relevé le président de la République.

A en croire les observateurs, cette élection est la meilleure option à même de perpétuer l’harmonie impactée par les relations entre Alger et Paris durant le quinquennat de François Hollande. Bien que le président sortant ait failli, notamment en fin de mandat, à certains de ses engagements vis-à-vis du Grand pays maghrébin, notamment dans son volet lié à l’histoire coloniale.

Ceci alors que le nouveau locataire de l’Elysée a maintes fois, durant toute sa campagne électorale, laissé clairement entendre que sa stratégie se démarque des anciennes pratiques des deux traditionnelles formations politiques (Les Républicains et le Parti socialiste) ayant présidé aux destinées de ce pays européen durant près d’une cinquantaine d’années. Le plus jeune président de l’histoire de France a en effet été clair lorsqu’il a tenu des propos condamnant le colonialisme.

« La colonisation fait partie de l’histoire française, c’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes », avait déclaré à la mi-février à Alger Macron, alors candidat à l’élection française remportée avec plus de 65% des voix contre sa rivale, la candidate de l’extrême droite, Marine

Le Pen, fille de Jean-Marie Le Pen, un des plus coriaces défenseurs des crimes de la France durant son occupation du sol algérien.
Par ses propos, le plus jeune candidat à l’élection présidentielle avait réussi à mettre presque tout le monde contre lui, notamment la droite et l’extrême droite.

Des propos qualifiés cependant à Alger de courageux. Le candidat ne s’arrêtera pas là. Il ira même jusqu’à répliquer aux critiques tenues notamment par ses concurrents à la présidentielle et leurs relais, en assumant pleinement ses propos. Macron affirmera, sans détour, avoir tenu « un discours de vérité et de complexité » pour « clôturer le deuil » de la guerre d’Algérie.

Une empreinte et un engagement qui ont suscité beaucoup de respect de la part de la classe politique et du pouvoir d’Alger.
Bouteflika ne manquera d’ailleurs pas de rappeler dans son message de félicitations au nouveau chef d’Etat français son courage politique.

« Votre récente visite à Alger,(….) a déposé, pour toujours, dans le patrimoine commun de nos deux pays et au-delà, la pétition de principe empreinte de courage politique et de sincérité humaine hors du commun quant à la nature irrécusablement condamnable du colonialisme », a en effet écrit le chef de l’Etat au nouveau président de la deuxième puissance européenne, une attitude qualifiée aussi de pionnière et qui place le nouveau président français « dans la position-clé de protagoniste, convaincu et convainquant, du parachèvement d’une réconciliation authentique entre nos deux pays », a ajouté le président Bouteflika dans sa lettre.

Esquivée jusque-là par ses deux prédécesseurs, la condamnation des crimes commis par la France coloniale a été durant de longues années au centre de débats aussi bien au sein de la classe politique que de la communauté d’historiens, notamment en France où des tentatives de rapprochement avec l’Algérie ont été « ambigument » amorcées via ce canal par ses deux prédécesseurs.

Aussi bien Nicolas Sarkozy que François Hollande, chacun a eu durant sa mandature à revenir sur cette partie douloureuse de l’histoire commune entre les deux peuples. Si le président républicain s’est limité à qualifier en 2007, à partir de Constantine, le système colonial d’ »injuste par nature », cinq ans plus tard, le président socialiste s’exprimant à Alger devant les membres de l’APN avait déclaré : « Pendant cent trente-deux ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal, ce système a un nom, c’est la colonisation, et je reconnais ici les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien ».

Mais chacun des deux refusait de « faire repentance » ou de « présenter des excuses ».
Cela n’a toutefois pas empêché les deux capitales à s’engager résolument, notamment durant la présidence de François Hollande, dans un partenariat multisectoriel tourné vers un avenir « profitable pour les deux peuples », avaient laissé entendre les responsables des deux pays au cours des multiples visites effectuées de part et d’autre.

Coopération industrielle, culturelle, agricole, énergétique… plusieurs initiatives ont été amorcées, notamment durant le quinquennat de François Hollande, et devront au vu des engagements d’Emmanuel Macron connaître un meilleur essor et seront, sans aucun doute, appelées à se développer davantage parallèlement à la mise en pratique de l’accord d’association conclu entre l’Algérie et l’Union européenne, une Union à laquelle semble attaché le nouveau président français.

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