Nationale

#TITRE

231

Bensalah n’est-il pas l’homme de la situation ?

12 avril 2019 | 09:33
Djamel Zerrouk

Bouteflika et son frère cadet qu’on disait le « détenteur réel » des clés et du cachet de la présidence sont partis. Cela supposait, pour nombre d’algériens, qu’un changement radical allait se produire. Les uns s’attendaient à une solution « politique » qui suggérait d’aller vers une transition pouvant durer deux ans. Tandis qu’une partie de l’opinion publique, quoique minoritaire selon des sondages informels, tend à s’aligner sur la thèse du chef d’état-major, qui a « imposé » la solution constitutionnelle. Autrement dit l’application de l’article 102, qui énonce la désignation du président du Conseil de la nation comme président de l’Etat pour 90 jours.

Lors de sa première allocution télévisée mardi 9 avril, le jour de sa désignation à la tête de l’État, Abdelkader Bensalah a annoncé son intention d’installer une instance pour organiser les élections, en concertation avec la classe politique et la société civile. « C’est en concertation avec la classe politique et civile citoyenne que je me propose, en priorité et en urgence, de créer une institution nationale collégiale, souveraine dans ses décisions, à laquelle sera dévolue la mission de réunir les conditions nécessaires de préparation et d’organisation d’élections nationales honnêtes et transparentes », a-t-il annoncé. L’article 194 de la Constitution a prévu la création d’une « Haute instance indépendante de surveillance des élections » qui est nommée par le président de la République (président élu), après consultation des partis. « Le chef de l’État par intérim ne peut pas, par contre, démettre un ministre ou le Premier ministre. Il ne se limite qu’à ce que lui permet l’autorité réglementaire dans ses décisions », a-t-il précisé. Mais, hormis la convocation du corps électoral pour le 4 juillet, date des élections présidentielles, Bensalah ne semble pas être pressé pour discuter. Dialoguer. Ou encore tenter de démêler l’écheveau de la crise.

Le chef de l’Etat par intérim, toujours décrié par les manifestants, ne lève pas le petit doigt afin, au moins, d’essayer de s’impliquer dans la décantation. « Pourquoi ne pas inviter des personnalités et partis politiques pour des discussions, mêmes informelles, sachant que dans la culture algérienne,s le dialogue et la médiation ont toujours fait partie des fondements culturels ? », s’interroge un politologue. Certains vont aller jusqu’à « conseiller » à Abdelkader Bensalah de démissionner, « la rue étant fortement hostile à ce cacique de l’ancien régime ». « M. Bensalah, le peuple ne veut pas de vous. Rentrez chez vous et laissez le ‘Hirak’ prendre les choses en main », souligne de son côté un militant du FFS. Même les partis dits islamistes abondent dans le même sens. « Les Algériens se doivent d’être unis en cette époque très sensible. Nous avons le même but : un nouveau personnel politique si l’on veut que l’Algérie avance », souligne un militant du Mouvement pour la société pour la paix, parti créé par feu Mahfoud Nahnah.

Quant à Fatiha Benabbou, juriste constitutionnaliste, elle a, pour sa part, émis des doutes, sur sa page Facebook, sur les attributions du chef d’État par intérim. « Sur quelle base M. Bensalah compte-t-il prendre la décision de créer cette fameuse « Commission électorale chargée de l’organisation des élections » ? Compte-t-il sur le consensus des partis politiques ? Et lesquels ? Ceux de l’ex-Alliance présidentielle, ou ceux de l’opposition ? Faut-il rappeler que l’article 194 de la Constitution est toujours en vigueur ? Quid, alors, de la Haute instance indépendante de surveillance des élections ? Bensalah va-t-il entamer sa fonction en violant la Constitution, lui dont le statut repose uniquement sur la légalité constitutionnelle, puisque dépourvu de légitimité populaire car non élu ? », s’est-elle demandée.

Commentaires

    Horaire des prières / ALGER
  • Fadjr: 0
  • Dhohr: 0
  • Assr: 0
  • Maghreb: 0
  • Isha': 0
  • Agenda Officielle

Hello Algeria

Hello Algeria

SONDAGE

Etes-vous pour ou contre l’utilisation de la vidéo dans la coupe du monde de football ?

Facebook

Twitter