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Benkhalfa reprend son bâton de pèlerin

13 mai 2016 | 21:13
H. R.

L’emprunt obligataire « n’est pas une fin, mais un moyen pour attirer des milliards de dinars, qui sont hors des banques, pour les employer dans l’édification de l’économie nationale au lieu de recourir à l’endettement extérieur ».

Les paroles sont du premier argentier du pays, qui vient de commencer un périple à travers le pays pour « sensibiliser » et surtout expliquer le bien-fondé de cette vaste opération financière.

Hier à Tlemcen, dans une rencontre avec des responsables des établissements bancaires, des fiscalistes et des opérateurs économiques locaux, le ministre des Finances Abnderrahmane Benkhalfa a estimé que ce mécanisme (emprunt obligataire) est une « bonne chose », car les « gains seront répartis entre l’Etat et les citoyens ».

En fait, Benkhalfa fait dans la communication en essayant de convaincre et de mobiliser, car son projet d’emprunt obligataire, même s’il est inscrit dans une durée plus ou moins longue (six mois), ne semble pas attirer encore les couches moyennes de la population en dépit de l’émission toute récente de titres accessibles de 10 000 DA.

Si, selon des sources bancaires, des hommes d’affaires, des entrepreneurs ou des grands épargnants ont pu adhérer rapidement à l’emprunt en achetant des dizaines, voire des centaines de titres, l’opération n’a pas encore défoncé tous les « préjugés » ou les « peurs » des citoyens.

Tout le monde sait que le syndrome « Khalifa » est encore présent et que la confiance des Algériens envers leurs banques n’est pas encore acquise à cent pour cent.

Cependant, des observateurs pensent que le gouvernement devrait communiquer sur cette opération en raison du déficit déjà visible, et que l’emprunt ne doit pas être légué au seul ministre des Finances, alors que l’opération est d’une envergure nationale, mais aussi stratégique, d’autant qu’il va mobiliser des ressources insoupçonnées d’une valeur importante.

Aucun chiffre n’est donné par Benkhalfa sur ces attentes : 1000 milliards de dinars ou 5000 milliards de dinars ?
Certains avaient suggéré que les fonds particuliers qui sont stockés en dehors des circuits bancaires dépassent les 8 000 milliards de dinars, de quoi éponger des déficits budgétaires de l’Etat sur une année.

Mais cela reste une hypothèse que la psychologie et la mentalité sociale des algériens démentent souvent. Faut-il croire que cet emprunt obligataire est venu au mauvais moment ou qu’il n’a pas réuni toutes les conditions favorables pour son succès ?

Il y a quelques mois, le gouvernement lança, presque timidement, une opération- programme dite de conformité fiscale volontaire, afin d’attirer des fonds des circuits informels.

Ce projet ciblait les grands commerçants qui pratiquent à grande échelle l’évasion fiscale, les trafics parallèles et surtout ceux qui échappent aux contrôles fiscaux et la transparence économique.

Une opération dont on ne connaît point les résultats et sur laquelle l’emprunt est déjà venu se greffer. Certains y voient deux opérations parallèles qui s’entrechoquent et qui mettent à mal les politiques financières du gouvernement.

Certes, Benkhalfa avance l’idée que l’Etat algérien veut éviter la répression, les rapports conflictuels et les contrôles ou autres redressements, en mobilisant le maximum des ressources financières.

Dans sa tournée d’hier à l’ouest du pays, le ministre des Finances a affirmé, toutefois, que la situation financière du pays, affectée par la chute des cours du brut, n’a pas atteint la « zone rouge ».

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