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Bekkat déplore la formation « inadéquate » des médecins

9 mai 2017 | 21:50
Z. M.

Les médecins algériens ne sont pas suffisamment formés et la révision du système de formation du corps médical s’impose de plus en plus, témoigne le président du Conseil de l’Ordre des médecins, le professeur Mohamed Bekkat Berkani.

S’exprimant mardi lors de son passage à l’émission « Invité de la rédaction » de la radio nationale Chaîne 3, ce pneumologue relève que la formation dont ont bénéficié les praticiens ces dernières années, tant en médecine générale qu’en spécialité, « n’est pas suffisamment adéquate » pour des métiers tel qu’on les entend dans la « modernité médicale ».

« On continue à former des cardiologues généralistes, des gynécologues généralistes alors qu’aujourd’hui, c’est la sur-spécialité qui prédomine », a-t-il fait constater.

Pour corriger les lacunes et améliorer les compétences, le professeur Bekkat suggère une révision de la formation de sorte que le nombre croissant des médecins formés ne se fasse pas au détriment de la qualité. Aussi, il propose de rendre plus rigoureux les critères d’accès des bacheliers à la faculté de médecine afin d’avoir une meilleure qualité de l’enseignement en sciences médicales.

Le président du Conseil de l’Ordre des médecins propose en outre de dispenser des formations autour de spécialités en adéquation avec les besoins de la population algérienne, dont l’espérance de vie, indique-t-il, est en constante augmentation et qui vieillit en même temps qu’apparaissent de nouvelles pathologies.

13 500 médecins ont choisi l’exil

A propos de la fuite des compétences du secteur de la santé vers l’étranger, l’invité de la radio se réfère aux statistiques officielles en avançant 13 500 médecins algériens ayant quitté le pays pour aller pratiquer leur spécialité en France.

« Cette hémorragie de praticiens et de chercheurs vers d’autres pays à l’exemple du Canada ou des Emirats Arabes unis a, entre 1996 et 2006, coûté à l’algérie environ 40 milliards de dollars », a-t-il regretté. Pour lui, il s’agit d’un véritable drame national, d’autant que les thérapeutes font cruellement défaut dans certaines régions du pays.

Expliquant les raisons de leur exil, le docteur Bekkat affirme qu’il existe une « espèce de désespérance ambiante » parmi les médecins qui sortent des facultés de médecine, ce qui les incite à aller sous d’autres cieux pour y pratiquer leur spécialité.

Parmi les autres cause de l’exil de membres du corps médical il cite « l’incertain devenir » de nos collègues dans le système de santé publique et dans l’élite hospitalo-universitaire, auquel il ajoute les « facteurs de vie en général », qu’il s’agisse de la progression de carrière, des salaires ou de la position du médecin au sein de la société.

L’invité de la radio constate qu’on ne peut combattre cette hémorragie si l’on ne fait pas l’effort de discuter avec les principaux concernés du secteur pour resituer la place du système de santé, mais aussi celle du médecin résident. Il relève que celui-ci travaille dans les services d’urgence, en particulier, dans des « conditions déplorables ».

En même temps que de revoir le système de fonctionnement de la santé, le Dr Bekkat considère vital de changer les mentalités afin que nos cerveaux, souligne-t-il, ne soient pas tentés d’aller vivre et travailler dans des pays « plus cléments ».

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