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Au-delà du procès des ahmadis en Algérie.

2 juin 2018 | 06:17
Mohamed Nazim Aziri

Le verdict du procès de la secte Ahmadite qui s’est déroulé au tribunal d’Akbou, dans la wilaya de Bejaia, sera connu le 12 juin prochain. En attendant, l’histoire tarabiscotée de cette secte récemment débarquée en Algérie continue de susciter polémiques et débats passionnés. 

D’un côté, ceux qui défendent cette secte au nom de la liberté du culte et de l’autre, ceux qui y voient un chiisme dangereux visant un déchirement du tissu social algérien qui gardent encore les stigmates du wahhabisme. Mais au-delà d’un procès ordinaire dans un cadre légal, c’est une réflexion sur un sujet de conscience et de bon sens qui s’invite encore une fois dans l’espace public algérien, entre deux visions qui manifestement, sont diamétralement opposées. Avant de prendre position, il faut d’abord admettre que la liberté du culte ne se conçoit pas de la même manière et selon un même modèle dans toutes les sociétés. Celle-ci est différente suivant les caractéristiques sociales et culturelles. Dans un État laïc par exemple (ce qui n’est pas le cas de l’Algérie, une République qui se démarque du système théocratique), la liberté religieuse est avant tout une liberté d’opinion et non pas une obligation morale vis-à-vis de soi et la société. Dans un système laïc il est supposé aussi que l’État ne doit favoriser aucune religion par rapport aux autres.
Or, la loi fondamentale en Algérie est claire (article 2 de la constitution) et dans laquelle il est mentionné que l’Islam est la religion de l’État.
L’article trouve un ancrage référentiel dans la société algérienne comme l’attestent les récentes statistiques. L’Algérie est un pays où 99.8 % considèrent comme très important et plutôt important, l’islam dans leur vie et 79,6% estiment que l’identité religieuse est beaucoup plus importante que l’identité nationale. Il apparait clairement l’enjeu que représente le référent religieux, dans la cohésion du tissu social et par ricochet la stabilité du pays. L’État qui s’assigne le droit constitutionnel de la réglementation des conditions d’exercice du culte est garant de cet équilibre. Il ne peut alors, que s’inscrire dans une logique de préservation de l’unité nationale, même sur un plan religieux, d’autant que cette unité nationale a montré par le passé sa vulnérabilité face aux courants idéologiques.
Une approche légitime et logique, car l’histoire retiendra que l’Occident, dans sa quête néocoloniale, n’a pas lésiné sur les moyens pour aggraver les clivages confessionnels dans les pays du sud. L’Irak et la Syrie en sont le parfait exemple. Le droit des minorités fait partie aussi de cet arsenal stratégique. Et c’est là justement que bon nombre de questions sont soulevées sur les objectifs réels de la compagne médiatique menée par certaines ONG internationales en faveur de la secte des ahmadis en Algérie. D’autre part, Al-Ahmadia, déclarée non liée à l’islam par l’Organisation de la coopération islamique (OCI) en 1973, n’échappe pas, tout comme le wahhabisme d’ailleurs, aux appréhensions quant à leur proximité supposée avec l’empire colonial britannique. Née au Punjab en Inde en 1889, sous domination de la couronne britannique, cette secte s’est illustrée par un dogme fondamental qui fait de son fondateur Mirza Ahmad Gholam le dernier prophète après Mohamed (QSSL) et proscrit toute désobéissance à l’autorité, l’imam ou le calife.
Présente en Israël, cette secte interdit la levée des armées ou le jihad contre l’autorité occupante. 
Faut-il alors succomber aux charmes des jolis discours sur la liberté de conscience et la liberté d’opinion et ouvrir la porte à tous les courants religieux ?
En tout cas ceux qui ont appris les leçons de l’histoire, sont conscients que l’Algérie a déjà fait par le passé, les frais d’une tolérance vis-à-vis d’une idéologie dangereuse jugée jadis inoffensive, voire même bénéfique par de nombreuses voix.

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