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Ahmed Ouyahia : « Nous avons des problèmes de drogue avec le Maroc »

3 décembre 2017 | 20:51
Hocine Adryen

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia est revenu, une fois de plus, sur sa poignée de main avec le roi du Maroc pour révéler d’autres faits et aussi pour clore une parenthèse qui a l’air de susciter du côté marocain un vif intérêt de leurs médias.

Ces derniers ont même vu un début de dégel entre les deux pays. Mais les dernières déclarations du Premier ministre ont jeté un froid du côté de Rabat qui ne s’attendait nullement à cette sortie.

Dans une déclaration samedi à la presse, à l’issue d’une réunion du bureau national du RND, Ahmed Ouyahia a écarté tout lien entre sa poignée de main avec le roi du Maroc et les propos du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel.

« Je passe devant le roi du Maroc, il est nécessaire que je le salue. Je lui ai transmis les salutations du président Bouteflika », a-t-il déclaré, ajoutant que l’Algérie et le Maroc « n’ont pas de problèmes majeurs. Nous avons des problèmes de drogue, c’est une réalité ».

Pour le Premier ministre, l’affaire du Sahara occidental « n’est pas un problème entre l’Algérie et le Maroc, mais entre le Maroc et la République sahraouie et le Front Polisario.

Comment peut-on corriger notre ministre ? Est-il dans un autre gouvernement, dans un autre pays que le nôtre ? Non ! », s’est interrogé Ouyahia au sujet des propos de Messahel.

« N’imaginez pas qu’entre nous et le Maroc il y a un mur. Entre nous et le Maroc, un désaccord sur l’affaire du Sahara occidental et des plaintes sur le trafic de drogue », a-t-il conclu.

En effet, les frontières ouest du pays n’ont jamais été aussi « fébriles » qu’auparavant. Elles enregistrent ces derniers mois des chiffres record en termes de saisie, de trafic de tout genre, notamment de drogue.

Aussi, la réouverture des frontières avec le Maroc, en raison du trafic de drogue qui ne cesse de prendre de l’ampleur et de « gangréner » de plus en plus le pays, demeure aléatoire en l’absence d’un règlement définitif de la question.

Le royaume chérifien a toujours fait usage de la drogue « comme arme contre l’Algérie. « La drogue est devenue une arme utilisée contre l’Algérie, a-t-on toujours affirmé du côté algérien.
La communauté internationale sait pertinemment que le Maroc, voisin de l’Algérie, est un pays producteur et exportateur de drogue.

Témoin en est cette récente enquête d’un quotidien français qui retrace la route de la drogue dans ce pays. Selon ce quotidien, les guides de voyage et les promoteurs du tourisme au Maroc « n’en parlent jamais ».

Et pourtant, le tourisme du cannabis attire chaque année dans ce pays des milliers de visiteurs amateurs de kif. Au Maroc la culture du cannabis faisait vivre 90.000 ménages en 2013, selon les derniers chiffres officiels disponibles.

Quelques milliers de touristes viennent chaque année au Maroc, principalement d’Europe, mais aussi des grandes villes marocaines. Outre les routes nationales, l’autoroute Est-Ouest notamment est aussi privilégiée par les contrebandiers qui acheminent de grosses quantités de cannabis via les frontières sud-ouest et ouest.

Frontières utilisées par les réseaux de trafic de drogue, très actifs ces derniers mois du côté du Maroc. Ces derniers agissent lors de conjonctures très spécifiques, surtout durant les fêtes religieuses et nationales.

La dernière sortie du ministre des AE, Abdelkader Messahel, sur le Maroc a vraisemblablement laissé des traces dans ce pays.
Après avoir accusé les banques marocaines de « blanchiment de l’argent du haschich », le chef de la diplomatie algérienne a ajouté que la compagnie aérienne Royal Air Maroc transporte « autre chose » que des passagers.

De sources algériennes, on indique qu’ »un dossier volumineux sur le trafic de cette drogue en Europe » et ailleurs et les réseaux qui s’emploient à faire fructifier l’argent récolté par le haschisch marocain est disponible, ficelé et prêt à être remis à des organismes mondiaux de lutte contre la drogue ainsi qu’à des organisations relevant de l’ONU si la partie marocaine « continue a chercher une confrontation violente avec nous », ajoute la source. Selon un récent rapport du département d’Etat US, le royaume chérifien « est le premier producteur et exportateur mondial de cette drogue ».

Ce rapport publié le 3 mars dernier par le département d’État américain épingle le Maroc dans cette entreprise mafieuse. Aussi, ce rapport portant sur le trafic de drogue et la lutte contre la criminalité est très formel : « Potentiellement, cela équivaut à environ 23% du PIB marocain, estimé à 100 milliards de dollars, après transformation en haschisch ». Pour la seule période de 2015-2016, près de 700 tonnes de cette drogue ont été produites dans ce pays maghrébin.

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