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Un bras de fer inédit

A qui profite le gel de l’APN ?

15 octobre 2018 | 18:43
SafiBenaissa Safi Benaïssa

Le président de l’APN Saïd Bouhadja est-il victime de sa conception – mal assumée – de l’honneur et du devoir pour ne pas démissionner ?
La fonction éminemment politique ne peut être vertueuse, parce que par nature, est partisane qui commande un sens du devoir, qui ne peut qu’être partisan pour rester fidèle à ses engagements.
Son bras de fer avec la majorité relève plus de sa gestion autocratique de l’administration de leur institution dont il ne veut pas se départir pour défendre, croit-il, son honneur. D’autre part, par absence de dispositions prévoyant les conditions de sa démission, il défie les députés de le démettre, quitte à provoquer le gel des activités du Parlement, manquant ainsi à ses obligations parlementaires et à son devoir de garantir le fonctionnement du pouvoir législatif ; écorchant par son attitude la confiance placée en lui par le président de la République dont il se réclame-garant de la Constitution et exerçant la magistrature suprême.

La problématique du conflit.
Des dissensions se sont produites au sein de l’APN entre la majorité parlementaire et son président.
Des groupes parlementaires et des membres de cette auguste assemblée se sont plaints de dysfonctionnement et d’une gestion personnelle des affaires administratives, tel le recrutement de parents et en accordant des privilèges à des proches.
Ces remontrances et réprimandes adressées sont les manifestations de désaccords qu’ont exprimé les parlementaires à leur premier responsable pour lui signifier le dépassement de ses prérogatives.
La contestation de M. Bouhadja a provoqué un retrait de confiance.
Pour son maintien, il se réfère à la loi organique qui ne prévoit la vacance du poste que par le décès ou la démission de son titulaire.
Si la loi organique n’a pas prévu expressément sa destitution par la majorité des membres, la Constitution, dans son article 124, stipule : « Le député ou le membre du Conseil de la nation engage sa responsabilité devant ses pairs qui peuvent révoquer son mandat s’il commet un acte indigne de sa mission. »
« Le règlement intérieur fixe les conditions dans lesquelles un député peut encourir à l’exclusion. Celle-ci est prononcée par l’APN la majorité de ses membres… »
Si celui-ci reste muet sur ces conditions, les parlementaires se sont appuyés sur les dispositions qui n’ont pas été respectées par le président de l’APN, à savoir : la consultation du bureau de l’APN de tout mouvement d’effectifs au sein des services administratifs de leur institution.

Le président a été réfractaire à leurs doléances.D’où l’incompatibilité de s’accorder sur la gestion de la Chambre basse entre les députés et leur président, situation conflictuelle engendrant des tiraillements qui compromettent les travaux du pouvoir législatif.
Son blocage ne peut venir que de la sage démission du président, confondu par sa gestion unilatérale de l’administration de l’institution pour l’irrespect de la réglementation intérieure – et qui a entraîné le retrait de confiance de la majorité des députés.
En tout état de cause, le dénouement de cette problématique juridique doit provenir de par la force de l’esprit des lois.

Quelle notion a M. Bouhadja du sens du devoir ?
M. Bouhadja, qui prétend avoir été le soutien inconditionnel du président de la République Abdelaziz Bouteflika, peut-il se permettre aujourd’hui, par son intransigeance, de bloquer les travaux de l’APN au détriment du fonctionnement des institutions de l’Etat. La plus éminente est la présidence de la République, la contraignant, le cas échéant, à user de son droit constitutionnel pour promulguer par ordonnance la loi de finances 2019.
Le président de l’APN, ancien moudjahid respecté par la famille révolutionnaire, vieux routier de la vie politique, aurait-il perdu le sens du devoir, de la discipline partisane et des responsabilités nationales qui siéent à un homme d’Etat pour perturber l’appareil d’Etat ?
Comment expliquer cette obstination du troisième personnage de l’Etat sinon par l’obsession de son égo, à vouloir sacrifier la stabilité institutionnelle.
L’autre méprise est d’avoir confondu sa capacité de résistance à l’ancien occupant du sol national avec celle qu’il oppose à la majorité de ses pairs qui lui ont retiré leur confiance. Sa résistance à l’ordre colonial était partagée et a bénéficié du mérite national et l’a grandi. Celle qu’il oppose à la majorité des membres de la Chambre basse le rappetisse aux yeux de l’opinion publique.
Enfin, M. Bouhadja, qui se prévaut également de la protection du chef de l’Etat, ne se soucie guère du préjudice politique qu’il lui cause par son attitude jusqu’au-boutiste, qui alimente les spéculations sur de prétendus enjeux au sein du pouvoir ou lutte des clans pour la prochaine élection présidentielle.
En annonçant sa démission suite au retrait de confiance de la majorité parlementaire et en confirmant son soutien franc au 5e mandat du Président, il mettra fin aux commentaires fantaisiste.

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