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A propos de « Les Faqih de Paris se réveillent » de Amin ZAOUI

21 mars 2016 | 00:51
Safi BENAISSA Cadre Dirigeant en retraite.Oran


Dans cet article, c’est un de nos écrivains qui, de plus, a « managé » une institution nationale à caractère culturel (B-N-A) qui réagit et soutient K. DAOUD contre une « tribune » d’intellectuels français, reprochant à ces derniers de reproduire le discours d’islamophobes occidentaux.


Ce qui nous fait réagir est l’irruption intempestive de cet écrivain dans la lecture et l’interprétation qu’ont ces universitaires sur la chronique de K. DAOUD qui d’une supposée agression sexuelle commise par des réfugiés (Maghrébins) a pris une dimension politique internationale, dans un contexte de mouvement de réfugiés fuyant surtout la guerre chez eux (principalement des syriens).

Il use d’un ton hargneux et méprisant contre ceux qui ont porté la contradiction à K. DAOUD, les traitant de « Faqih de Paris » et les assimilant aux « HAMADACHE du Bled », sans qu’il nous éclaire sur les FETWAS qu’ils auraient décrétés (!?) sans aucun étaiement !

Si lui est en colère ! Moi je suis dépité ! Un de nos hommes de culture, sans opposer des arguments contradictoires aux prétendus soutiens aux HAMADACHES, a proféré des invectives et usé de diatribes contre ceux qui ont eu « la prétention » de dire à K. DAOUD d’avoir servi le discours des islamophobes ! - celui-là même qu’il leur reproche-

Il va plus loin. Pour s’être attaqué à K. DAOUD ils auraient agressé notre mémoire, notre histoire contemporaine écrite par le sang noble de nos intellectuels (DJAOUT - ALLOULA – MEDJOUBI….) - pendant la décennie noire -.

Quel amalgame entre des « producteurs de sens » dans le domaine culturel, artistique, économique et un « chroniqueur » qui demande à l’occident de « convaincre l’âme du réfugié à changer » celui-ci « viendrait d’un piège culturel qui résume surtout son rapport à Dieu et à la femme » ?
Nos « martyrs » intellectuels se retourneraient dans leur tombe si ces élucubrations leur étaient rapportées.
Ce réfugié pourrait être mon fils, mon frère, mon voisin, et je ne peux admettre que son âme soit réduite à ces inepties.
C’est cette perception du musulman que je suis, qui me révolte.
Apparemment cette dernière n’est pas visible à notre écrivain. Pour lui K. DAOUD dénoncerait des pratiques sexuellement maladives des musulmans (!?), dénonce des pratiques politico-religieuses haineuses dans le monde arabo-musulman et tutti-quanti.
Une litanie de pratiques en usage ailleurs qu’en Algérie - pour ne s’en tenir qu’à nous -C’est semer dans la confusion que mettre tous les musulmans dans le même sac.
Le « réfugié agresseur » qu’a ciblé notre chroniqueur est un maghrébin (à Cologne) ; faire son procès en tant qu’arabo-musulman c’est faire le nôtre. Inadmissible !

Il faut rappeler que c’est ce type de discours qu’ont applaudi les « intellectuels » de bon aloi que sont FINKIELKRAUT et BHL, et qu’a soutenu M. VALLS tout en vociférant contre ces « intellectuels que vous narguez » ; intervention qui a soulevé l’indignation et le courroux de notre écrivain BOUDJEDRA dans une intervention publiée dans le journal électronique TSA (M. BOUDJEDRA étant connu par sa grande ouverture d’esprit et de tolérance).

Culturellement je me situe dans ce courant de pensée tout en soulignant que je me sens profondément algérien en assumant mon histoire contemporaine et millénaire.
Mon pays a été touché par ce virus pathogène qu’est le fondamentalisme religieux. Mais il a résisté, l’a combattu et rejeté. Même si des soubresauts l’agitent, il en est vacciné.
Des résidus subsistent, mais sans capacité réelle de se redéployer - bien sûr la vigilance est de mise et il faut faire preuve de réactivité à toute tentative de troubler l’opinion publique -.
Autre paradoxe de notre écrivain : c’est convoquer nos chouhaddas (rien que ça !) pour donner plus de consistance à sa plaidoirie, pour sauver le « soldat » K. DAOUD et charger ces « ex-colonisateurs » et à ces donneurs de leçons de « vieille garde »
Mais ne nous agitons pas ! Sa conclusion nous réconcilie.
« Nous ne sommes pas islamophobes, nous sommes tout simplement contre les islamistes, contre les bourreaux des enfants et des femmes. Nous sommes tout simplement des passionnés de la liberté, de la différence et la citoyenneté »


 

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