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50 personnes arrêtées et 200 adresses IP identifiées

4 juin 2016 | 18:53
Hocine Adryen

L’enquête menée tambour battant par les différents corps de sécurités semble passer à une étape supérieure, puisque une cinquante de personnes ont été arrêtées et deux cents adresses IP ont été identifiées hier, selon Ennahar mettant ainsi à jour un vaste complot de déstabilisation du secteur de l’éducation.

Cet énorme coup de filet annonce d’autres arrestations prochaines puisque l’enquête n’en est qu’à ses débuts.

En effet, certaines personnes ont été interdites de quitter le territoire national pour des raisons liées à l’enquête. Trois jours après, les réponses nécessaires aux questions que se posent légitimement les Algériens demeurent : Pourquoi tant de fuites ? D’où venaient les fuites ? Qui sont les responsables ? D’où venaient les fuites ? En principe, c’est le directeur de l’Office national des examens et concours (ONEC) qui fait seul le choix des sujets.

Aidé de collaborateurs, il imprime les épreuves et les emballe dans un huis clos total. Même le ministre n’est pas au courant des sujets sélectionnés.

Il apparaît à ce stade que le processus est resté aussi étanche qu’une boîte de conserves. Là où le système a révélé des faiblesses, c’est dans le transport et le stockage des épreuves. En effet ces malles sont remises, avec les clés, aux directeurs des centres d’examens qui les prennent avec eux dans leurs localités pour les répartir sur tout le territoire.
A chacune de ces étapes, un responsable peut aisément ouvrir les malles et divulguer le secret des épreuves.

Ce qui a été exceptionnel cette fois-ci c’est l’ampleur, démultipliée par l’usage répandu des smartphones avec un accès à Internet de plus en plus facile. La position de la ministre de l’Education sur la question des réformes de seconde génération lui crée des ennemis. Depuis son arrivée au ministère, elle a continué à fonctionner avec les cadres « légués » par le ministre précédent, croyant sans doute qu’ils lui en seraient reconnaissants.

Des rumeurs au ministère n’hésitent pas à invoquer des « réseaux », entretenus notamment par certains milieux politiques proches de la mouvance islamique.

Des réunions secrètes de certains cadres du ministère opposés à la ministre actuelle se tiendraient même, dit-on, au domicile d’une très haute personnalité d’un parti. Alors que la ministre de l’Education nationale, Mme Benghebrit résiste aux coups de boutoir du courant ultraconservateur qui demande sa tête, comme les précédentes fois d’ailleurs, le débat semble prendre de l’ampleur pour ou contre l’annulation du bac 2016.

Vérification faite, le ministère de l’Education a confirmé la fraude et fait savoir qu’il avait déposé plainte auprès du procureur de la République. L’enquête a été confiée au ministère de la Justice, lequel a actionné tous les procureurs de wilaya pour enquêter aux côtés des services de sécurité.

Y a-t-il des implications politiques ?

Le ministère de l’Education nationale a réagi dans un communiqué pour apporter des précisions sur les fuites massives de sujets du baccalauréat en indiquant que si les premières opérations d’examination se sont déroulées dans des conditions normales, dans le format de déroulement du baccalauréat, les épreuves du bac, quant à elles, « ont subi une série d’attaques informationnelles massives sur Internet à travers des pages et sites sur les réseaux sociaux, avant, pendant et après les épreuves ».

Le département de Mme Benghebrit précise ensuite qu’à l’issue de la deuxième journée, et suite aux enquêtes menées avec diligence par les services compétents, des « correspondances étaient établies entre des sujets diffusés chaque soir, à des heures tardives, et les contenus officiels des épreuves de l’examen ».

Le chef de cabinet du ministère de l’Education nationale, Abdelouahab Guelil a révélé, jeudi dernier, que 31 adresses IP ont été récupérées dans le cadre de l’enquête sur les supposées fuites de sujets de l’examen du baccalauréat et une femme a même été placée sous contrôle judiciaire.

La possibilité que la femme – mise en cause – ait des complices à l’office national des examens et concours (ONEC) n’est pas exclue, selon M. Guelil. Selon Mme Benghebrit, les auteurs des fuites de sujets du baccalauréat « voulaient porter atteinte à l’Etat ».

Elle a assuré que les services de sécurité « poursuivent leurs investigations » au niveau de tous les centres d’examen » pour « identifier les auteurs de ces fuites » et élucider toutes les circonstances susceptibles de préserver la crédibilité de l’examen du bac. Elle a indiqué que plusieurs hypothèses restent plausibles, en attendant les conclusions de l’enquête.

Il y a, d’un côté, ceux qui revendiquent un examen partiel, repasser seulement les matières qui ont été divulguées et de l’autre, ceux qui exigent l’annulation pure et simple de l’épreuve et demandent à refaire entièrement l’examen du bac.

Entre ces deux options discutables, que fera le gouvernement puisque la décision finale lui appartient ? Après avoir « fustigé et condamné » ces fuites, les syndicats réunis avec la ministre ont soumis leurs propositions consistant en la réorganisation en session extraordinaire des épreuves du baccalauréat dans leur intégralité en juillet, la réorganisation partielle de l’examen, soit uniquement les épreuves dont les sujets ont fuité, ou son maintien.

Quelques exercices (Physique, histoire-géo, français et la filière sciences) ont été postés veille de l’épreuve, sur internet. D’année en année, le discrédit visant le baccalauréat ne cesse de monter. Pourtant, l’examen reste un moment essentiel de la cohésion nationale.

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