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45 décès des suites de morsure de scorpion depuis le début de 2019

20 mai 2019 | 21:35
Lynda Louifi


Quarante-cinq cas de décès ont été enregistrés depuis le début de 2019 des suites d’envenimation due aux piqûres de scorpion à travers 15 wilayas du pays, a indiqué le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Il a souligné une baisse sensible du nombre de décès par rapport aux années précédentes.


Les envenimations ont doublé en Algérie durant les trois dernières décennies et on constate une extension aux wilayas du Nord. Ce fléau est reconnu depuis les années 1980 comme un problème de santé publique dans notre pays (pathologie liée à la dégradation de l’environnement), du fait de la morbi-mortalité ainsi que de la charge financière qu’il impose. En effet, on est passé de près de 23 000 cas/an en 1991 à près de 45 000 cas/an en 2018, indique le ministère de la santé. En dépit de la baisse du nombre de décès, qui est passé de 106 cas en 1991 à 46 cas en 2019, le nombre des envenimations scorpioniques continue à augmenter d’année en année, selon les chiffres fournis par la Direction de la prévention et de la promotion de la santé.


Le ministère fait état de 42 wilayas exposées en 2018 aux envenimations scorpioniques, dont 15 au moins ayant enregistré des cas de décès. Les données géographiques montrent que le scorpion endémique du Sahara se propage aujourd’hui assez facilement avec les transports et les échanges commerciaux, mais aussi grâce à sa capacité à s’adapter. Désormais, le scorpion est repéré même dans certaines régions du Nord. La hausse des cas d’envenimation scorpionique « est due au non-respect de la propreté de l’environnement et à la prolifération des habitations précaires et des ordures ménagères, qui constituent des conditions favorables à la multiplication des nids de scorpions », a expliqué le Dr Mohamed Lamine Saïdani, membre de la Commission nationale de prévention contre les piqûres scorpioniques et chef de l’unité de production du sérum anti-scorpionique à l’Institut Pasteur. A ce propos, il a appelé à se diriger rapidement, en cas de piqûre, au centre médical le plus proche rapidement, c’est-à-dire dans les trois premières heures, afin d’éviter que le poison n’arrive aux organes vitaux, ce qui pourrait entraîner ainsi la mort. Le Dr Saïdani a déploré, dans ce sens, le recours de certains citoyens à des moyens inefficients contre les envenimations, à l’instar de l’utilisation du henné ou de l’huile de cade.


Campagne de sensibilisation lancée au mois d’avril


Comme chaque année au mois d’avril, le ministère de la Santé a lancé, en coordination avec l’Institut Pasteur et la Protection civile, une campagne de sensibilisation contre les piqûres de scorpion, qui durera jusqu’au mois de septembre, cette période enregistrant une large prolifération des scorpions. La wilaya de Ouargla, en tant que wilaya ayant enregistré en 2018 le plus grand nombre de victimes (7 morts) sera ciblée. Outre le renforcement des campagnes de sensibilisation sectorielles et le développement du système de déclaration par l’informatisation, le programme de la campagne de sensibilisation annuel s’appuie sur des mécanismes de surveillance épidémiologique et sur les recommandations du comité expert de lutte contre l’envenimation scorpionique, avec la


mise en place d’une cartographie des régions exposées à ce risque et la distribution du guide référentiel, ainsi que l’incitation à la collecte des scorpions par les associations, et ce pour l’extraction du venin de scorpion pour la fabrication de l’antidote.

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