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4 500 mineurs enrôlés par les réseaux de drogue

25 mai 2016 | 19:18
F. Sofiane

Près de 4 500 mineurs se droguent et trafiquent le cannabis en Algérie. Ils ont été enrôlés par des réseaux de trafic entre 2010 et 2015. La drogue se serait-elle « enracinée » chez cette frange fragile de la société ?

Le terrible constat des services de sécurité prouve cela, malheureusement. C’est lors du séminaire national, il y a quelques jours à l’Université d’Oran, que la Gendarmerie nationale et le ministère de l’Enseignement supérieur ont dévoilé le nombre des enfants enrôlés par les réseaux de drogue.

Ils sont 4 500 mineurs.
Le trafic de drogue et la toxicomanie, deux dangers majeurs qui planent sur la société algérienne et contre lesquels les services de sécurité mènent une lutte au quotidien. L’enjeu est de taille ! Les conséquences sont dévastatrices.

En plus des préjudices sur l’économie nationale, le trafic de drogue a engendré une autre catastrophe, celle de l’avenir de milliers d’enfants. En cinq ans (2010 à 2015), 4 500 enfants sont enrôlés par les réseaux de trafic des drogues (chiffre dévoilé par la Gendarmerie nationale). Le constat est alarmant du moment que le nombre est appelé à grimper.

Qui sont ces mineurs et comment sont-ils recrutés par les trafiquants ? Quelles sont leurs activités au sein des réseaux ? Autant de questions posées par de nombreux citoyens. Les enquêtes menées par les gendarmes ont dévoilé la face cachée de ce fléau.

Dans la plupart des affaires traitées par les gendarmes enquêteurs, il s’agit d’enfants privés de leurs droits à l’éducation et d’une vie stable, faisant face à la mésentente de leurs parents. Des « prisonniers « de la rue, étant donné que certains sont devenus des SDF (Sans domicile fixe).

Mais les enquêtes des services de sécurité ont démontré aussi que certains de ces mineurs devenus trafiquants de drogue sont nés et ont été élevés dans des milieux favorables, voire riches.

Les trafiquants de cannabis ont adopté une technique rassurante qui consiste à s’approcher des mineurs pour leur proposer un joint bourré de drogue.

Egarés, les enfants en difficulté socioéconomique acceptent rapidement de fumer leur premier joint. Une fois le lien établi, les trafiquants imposent leur stratégie. Ils proposent des joints à leurs proies ; l’objectif est clair : ils doivent les revendre à des clients ou les transporter aux adresses indiquées par les trafiquants.

Ils leur promettent de gagner leur « part » du gâteau, ce qui pousse la plupart des mineurs à accepter ce « travail ». Mendiants puis trafiquants de drogue.

Beaucoup d’enfants ont connu cela. De véritables « otages « . Les enfants mendiants. Un fléau de société, un drame au quotidien, une réalité triste et un avenir incertain. Comment ces enfants finissent-ils dans le trafic de drogue après avoir pratiqué la mendicité ?

Aujourd’hui, beaucoup font l’objet d’une forme d’ »esclavage » dictée par une situation sociale défavorable, parfois par un difficile lien conjugal (disputes entre leurs parents qui mènent au divorce), A la place Audin, au cœur d’Alger, de nombreux enfants hantent les rues les plus huppées pour demander la charité. Certains étaient des transporteurs « de kif traité.

Leurs « employés « sont des revendeurs de coins connus par les services de sécurité. Chaque livraison de cannabis apporte à ces enfants un gain facile et rapide, de quoi acheter des vêtements et de la nourriture. Certains débarquent à Alger par les trains. Ils viennent de villes ou de localités à quelques dizaines de kilomètres de la capitale.

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