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29e sommet de l’UA à Addis-Abeba : L’Algérie sur du velours

3 juillet 2017 | 22:24
Hocine Adryen

Les chefs d’Etat et de gouvernement du continent se sont retrouvés lundi dernier à Addis-Abeba pour le 29e sommet de l’UA qui s’annonce des plus rudes tant la bataille des coulisses prendra le pas sur les réformes annoncées.

Plusieurs pays parmi lesquels le Maroc, qui vient de faire son retour après plus de trente ans d’absence, veulent bousculer la hiérarchie instaurée par les grands donateurs (Algérie, Afrique du Sud, Egypte, Nigeria ou encore le Gabon).

Par contre, plusieurs « poids lourds » du continent seront absents à ce rendez-vous continental, comme Jacob Zuma, le roi Mohamed VI, Béji Caïd Essebci, Omar El Béchir, Pierre Nkurunziza, Abdel fattah al Sissi, Muhammadu Buhari, Macky Sall, Eduardo Dos Santos, ou encore le Camerounais Paul Biya qui n’a pas foulé le parquet du centre des conférences de l’UA depuis une décennie.

Le président Bouteflika, qui ne participe plus à ce genre de rencontres, sera lui représenté par le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune. Principal sujet à l’ordre du jour : la réforme de l’Union africaine (UA).

Certaines crises qui secouent le continent, notamment au Mali, au Soudan du Sud et en Libye, seront également au cœur des discussions entre les dirigeants africains. Abdelmadjid Tebboune présentera un mémorandum sur la « stratégie africaine en matière de lutte contre le terrorisme », qui devra servir de feuille de route pour l’ensemble des efforts de l’organisation continentale dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

La délégation algérienne présentera également, pour examen et adoption, le rapport de la Commission africaine de la deuxième session du comité technique spécialisé sur le développement social, le travail et l’emploi (CTS).

Mais ce sommet constituera surtout une belle opportunité pour Tebboune, tout le long des rencontres bilatérales avec les chefs d’Etat et de gouvernement, de tâter le pouls du climat des affaires africain, dans le cadre du plan global de diversification de l’économie du gouvernement.

L’Algérie, qui joue un rôle essentiel dans l’organisation, devra peser de tout son poids pour réduire l’influence naissante du Maroc qui aspire à prendre la place de l’Algérie en vue de court-circuiter l’organisation panafricaine dans le dossier du Sahara occidental.
L’UA, tout comme l’OUA, ont toujours soutenu les efforts de l’ONU pour la décolonisation du dernier pays encore sous domination.

La délégation marocaine au Conseil exécutif de l’Union africaine (UA) a finalement accepté, hier, le projet d’une visite d’une mission de la Commission des droits de l’homme et des peuples au Sahara occidental. Le ministre des Affaires étrangères de la RASD, Mohamed Salem Ould Salek, a précisé que le Maroc « a échoué dans sa tentative d’enlever des paragraphes dans les rapports » de la commission en qualifiant le Sahara de « territoire non-autonome ».

Une médiation menée par le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, n’a pas a réussi à lever les réserves du royaume. Un groupe important de pays soutenant la cause sahraouie s’est, d’ailleurs, chargé de le leur rappeler en introduisant dans leur rapport du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’organisation continentale une clause demandant l’envoi à brève échéance d’une mission d’observateurs des droits de l’homme sur le territoire du Sahara occidental, occupé illégalement par le Maroc.

C’est désormais aux représentants du royaume et à l’UA de fixer en commun accord les dates pour la visite de la mission d’observation de la commission africaine au Sahara occidental. Le feu vert marocain à la mission est un « revers » pour le royaume, qui s’est obstiné durant plus de trois décennies à nier l’évidence.

Les objectifs de cette réforme menée par Paul Kagamé en collaboration avec l’actuel président de l’UA, Alpha Condé, sont de fluidifier le fonctionnement de l’instance et d’aller vers l’autosuffisance financière, alors que l’organisation panafricaine est financée à plus de 70% par des bailleurs internationaux, dont la Chine, l’Union européenne, la Turquie ou encore les États-Unis.

Autre réforme annoncée : au lieu d’être choisis par le Conseil exécutif de l’UA, les commissaires pourraient désormais être nommés par le président de la commission. D’autre part, le projet prévoit une répartition des tâches entre la commission et les communautés économiques régionales (CER), comme la CEDEAO, qui sont subordonnées à l’UA.

Ces instances régionales seraient incitées à agir davantage en premier lieu, avant une réaction de l’UA. Cette réforme pourrait affaiblir le Maroc.
Le projet de réforme porté par Paul Kagamé prévoit aussi de donner plus de poids au président de la commission de l’UA, qui est aujourd’hui le Tchadien Moussa Faki Mahamat.

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