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1er Novembre 1954 : L’heure de l’action directe

31 octobre 2019 | 00:47
1er Novembre in Historia magazine

Très vite, Ben M’hidi, Didouche, Bitat, Boudiaf et Ben Boulaïd durent convenir de l’inanité de leurs efforts. Puisque l’unification du M.T.L.D. était impossible, ils décidèrent de développer le C.R.U.A. et d’en faire le seul mouvement nationaliste prêt à employer les armes pour parvenir à se libérer du joug de la colonisation française. Le 8 mai 1945, au lendemain de la chute de Dien Bien Phu, ils se réunirent pour la première fois en compagnie de Krim Belkacem et Ouamrane dans l’échoppe d’un cordonnier algérois de la rue Mulhouse. Krim et ouamrane figure légendaire de la Kabylie apportaient au mouvement l’organisation M.T.L.D. de leur région, restée à l’écart des querelles intestines grâce à la personnalité de leurs chefs. Au soir, l’accord fut conclu. Il ne restait plus qu’a mettre en route le recrutement en vue du grand jour. L’Algérie dans l’esprit des révolutionnaires, était désormais divisée en cinq zones : Constantinois, Aurès, Oranie, Algérois, Kabylie.

Bitat se chargea du recrutement constantinois, Ben M’Hidi de l’Oranie, Didouche de l’Algérois. Quant à Ben Boulaïd, il était pour l’Aurès ce que Krim était pour la Kabylie. Chacun des chefs désigna un état-major à partir duquel se ferait le recrutement. Aucun d’eux ne négligeait l’importance de la police des Renseignements généraux et dès la phase préliminaire, ils utilisèrent le système pyramidal. Un militant contactait deux sympathisants, lesquels à leur tour recrutaient chacun deux amis. Ainsi le cloisonnement était-il respecté. Chaque homme ne connaissait que trois personnes : son chef et ses deux recrues. Le démantèlement de l’O.S. en 1950, avait portait ses fruits !
Le 3 juin dans un appartement de la Casbah, rue Montpensier Boudiaf, Ben M’Hidi, Ben Boulaïd, Didouche, Bitat, Krim et ouamrane se réunirent une nouvelle fois pour faire le point. Boudiaf ouvrait la séance par ces mots : " Aujourd’hui, l’heure est grave et solennelle. Plus rien ne nous sépare. Nous sommes tous unis par notre désir de mettre fin à la colonisation. L’heure de l’action directe va sonner. " Après un rapide bilan, les sept hommes procédèrent au découpage définitif et à la " nomination " de chaque chef de zone. Pour ne pas tomber dans les erreurs de l’O.S., écrasée par un pouvoir trop centralisé, on décida que chaque chef de zone aurait une autonomie complète. De même, à l’intérieur de chaque zone, les chefs de région et ceux de groupe " action " feraient eux-mêmes des propositions sur la conduite à suivre dans la subdivision dont ils seraient responsable.
Boudiaf posa alors la question : " est-il opportun de déclencher l’action immédiatement ou bien doit-on attendre et préparer plus soigneusement la déclenchement ? " A l’unanimité, les sept hommes se prononcèrent pour l’action immédiate. Les dès étaient jetés !
Dorénavant, seuls les cinq chefs de zone participaient aux réunions présidées par Boudiaf. Ouamrane restait sur place en kabylie ou devaient se régler les derniers préparatifs.
En juillet se déroula la réunion historique des 22, au Clos Salembier. Après les présentations d’usage et le bilan des effectifs que chacun représentait, les cinq persuadèrent l’ensemble de leurs adjoints de la pureté de leurs intentions. " Le C.R.U.A. qui se transformera à l’heure de la révolution, dit Didouche, qui s’avérera le vrai moteur du mouvement, ne doit pas être une nouvelle fraction du M.T.L.D. qui, comme les deux autres, réduise son action à la parlote. Nous devons agir. Nous y sommes décidés. Mais pas en l’air, avec un plan précis et défini d’une manière collégiale ? Nous sommes là pour cela. " Et tout de suite posa la question principale : " Devons-nous faire une révolution armée limitée ou illimitée ? Devons-nous tirer un coup de semonce pour provoquer le dialogue avec les français ou entreprendre la révolution jusqu’à l’indépendance ? " Les vingt deux hommes prirent la parole chacun à son tour. Ils parlèrent non seulement en leur nom, mais au nom des militants qu’ils avaient déjà recrutés. A l’unanimité, ils se prononcèrent pour la révolution armée illimitée jusqu’à l’indépendance. Ce serait la guerre. Avant de clore la discussion, Ben M’Hidi leur fit une dernière recommandation : " Vous ne devez pas contacter personnellement plus de quatre ou cinq hommes sûrs. Laissez-les recruter leurs équipes personnelles en pyramide. Vous les surveillerez sans qu’ils vous identifient. Vous devez arriver à contrôler des militants qui ne vous connaîtront pas entre eux, à l’exception des quatre ou cinq qui constitueront la même section. Ils auront le temps de faire connaissance quand nous prendrons le maquis. Et n’oubliez pas d’employer des surnoms qui retarderont, en cas de coup dur, l’identification policière. " Les vingt deux se séparent sur ce conseil de prudence, en attendant le jour J

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