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14 harraga algériens libérés par les autorités tunisiennes

13 juin 2016 | 22:34
Nabil Chaoui

Les 14 harraga algériens sauvés in extremis mercredi dernier par la marine tunisienne ont été relâchés, après des interrogatoires, par les autorités tunisiennes et remis aux services de police algériens des frontières.

C’est la première fois que des harraga algériens, interceptés en mer tunisienne, sont relâchés rapidement, sans connaître les sinistres geôles tunisiennes et les pires humiliations. Pour rappel, les 14 harraga avaient pris le large lundi 6 juin à partir de la plage de Sidi Salem (daïra d’El-Bouni) à destination de la Sardaigne. Après deux jours de navigation, leur embarcation a pris l’eau à 80 kilomètres des côtes tunisiennes.

Conduits vers la base navale de Bizerte, ils seront remis à la Garde nationale tunisienne pour subir les procédures réglementaires. Contactés hier, des harraga originaires d’Annaba, habitant à la cité Auzas, n’arrivent pas à croire qu’ils sont encore en vie, d’abord quand le moteur de leur embarcation s’est arrêté, puis quand poussée par les vents ladite embarcation a heurté un minuscule rocher à fleur d’eau, laissant l’eau pénétrer à l’intérieur de la coque. 

« Heureusement, au moment où nous pensions au pire, un semi-rigide tunisien apparut et nous a secourus (…) L’autre peur c’est lorsqu’on nous a remis à la Garde nationale », raconte T. Kamel, 21 ans.

Et de poursuivre : « Je n’arrive pas à comprendre que je suis dans mon pays. pour un harrag, la plus grande peur c’est d’être intercepté par les gardes-côtes tunisiens, parce qu’une fois entre leurs mains c’est l’interrogatoire musclé, la prison et on vous empêche de contacter vos proches.

D’ailleurs, regardez les nombreuses protestations des parents de harraga devant le consulat général de Tunisie à Annaba ». Pour B. Hamza, 29 ans : « C’est ma deuxième harga, la première en 2011 à partir de la plage d’Oued Bagrat avec 14 personnes, dont une femme enceinte. A peine en haute mer que deux navires des gardes-côtes algériens nous ont interceptés. Puis celle-ci, plus dangereuse, heureusement que Dieu a été avec nous en ce mois de ramadhan et je jure que je ne ferai plus de harga ! ».

S. Saci, 27 ans, universitaire, apparemment encore traumatisé, raconte : « J’ai vu la mort rôder autour de moi et tout de suite j’ai pensé à mes parents qui m’avaient toujours soutenu dans mes études et que je ne pourrai plus revoir. Je n’ai même pas informé mon père ou ma mère, mon frère ou ma sœur de mon projet de harga. Le comble, c’est lorsque j’étais interrogé par un officier tunisien qui cherchait à me faire la morale en me demandant pourquoi nous fuyons le pays alors que l’Algérie est mille fois plus riche que la Tunisie.

Mais une question troublante circule à travers le tout Annaba : « Pourquoi cette fois-ci les autorités tunisiennes ont-elles libéré des jeunes Algériens pris en flagrant délit d’émigration clandestine en territoire tunisien ? ». Certains citoyens de la Coquette semblent trouver une réponse : « C’est peut-être pour le tourisme algérien en Tunisie ». Mais il faut noter que des dizaines de harraga algériens croupissent encore dans les prisons tunisiennes. 

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