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11e semaine du mouvement citoyen : Quel dialogue pour quelle sortie de crise ?

3 mai 2019 | 22:29


Après 11 semaines de mobilisation sans précédent pour le changement du système et le départ des figures de proue des années Bouteflika, la situation semble bloquée. Ni le « hirak » n’a pu faire émerger des têtes susceptibles d’assumer le leadership du mouvement ni les « résidus » du système politique n’ont assumé leurs responsabilités pour répondre favorablement aux cris de « dégage ! ». Le pays s’installe dans une sorte de cercle vicieux avec pour résultat des indicateurs économiques qui risquent de virer au rouge et l’incertitude que renvoie la maison Algérie à ses partenaires étrangers. L’heure est peut-être à la négociation politique.


Et c’est l’Armée nationale populaire, par la voix de son chef, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, qui a donné le tempo. Dans son message de mercredi dernier, le général a estimé qu’« adopter le dialogue constructif avec les institutions de l’Etat est l’unique moyen pour sortir de la crise, étant conscient que le dialogue est l’un des moyens les plus civilisés et les plus nobles dans les relations humaines et la voie la plus judicieuse pour présenter des propositions constructives, rapprocher les points de vue et atteindre un consensus autour des solutions disponibles ».


Cette « feuille de route » de l’ANP se veut comme un brise-glace afin d’enclencher un cercle vertueux pour dépasser l’impasse actuelle. Ce seul paragraphe contient des mots clés. « Dialogue constructif avec les institutions de l’Etat », « présenter des propositions constructives », « rapprocher les points de vue », « atteindre un consensus » et « solutions disponibles ». Justement, ce dernier segment est intéressant dans la mesure où il parle de « solutions » au pluriel. Gaïd Salah est-il en passe de dépasser l’option de l’élection présidentielle du 4 juillet ? Ce dernier message n’en parle pas, d’autant que techniquement il semblerait quasi irréalisable d’organiser un tel rendez-vous électoral en l’absence de nomination du président et des membres de l’instance indépendante de surveillance des élections.


Cette « mine » léguée par Abdelaziz Bouteflika, qui a « dégommé » cette instance constitutionnelle avant sa démission, est difficilement surmontable. L’absence de consensus autour de la composante de cette commission est un écueil supplémentaire à surmonter.


Mais pour en revenir aux politiques, ces derniers, dont la plupart avaient acclamé l’ANP, l’exhortant à assumer ses responsabilités, commencent à accorder leurs violons dans la multiplication d’initiatives ces dernières quarante-huit heures. Ali Benflis, président de Talaï el Houriyate, qui estime que l’Algérie est face à une « impasse totale », doit « permettre au dialogue de s’enclencher en réunissant les conditions les plus favorables à son bon déroulement et à son succès ». Les conditions du dialogue selon l’ancien chef de gouvernement se résument à l’émergence d’interlocuteurs valables et surtout crédibles, afin d’entamer ce dialogue dans un cadre connu et précis


avec un objectif précis. La transition, selon Benflis, doit être précise, consensuelle et limitée dans le temps.


Mustapha Bouchachi est plus radical. Le départ des 3 B s’apparente à une condition sine qua non pour l’amorce d’une période de transition. Pour cet avocat, figure reconnue du ‘hirak’, il faudrait arriver à mettre en place une « feuille de route consensuelle » ayant pour objectif l’amorce « d’une période de transition dirigée par des hommes et des femmes acceptés par les Algériens ».


Si l’idée de dialogue fait son petit bonhomme de chemin, celui-ci doit être suffisamment représentatif pour aboutir à des résultats palpables. Pourra-t-on dépasser l’observation rigoureuse de l’article 102, une autre « mine » qui obère toute solution par la stricte observation et application de cet article ? L’évocation des articles 7 et 8 de la Constitution pour dépasser justement le cadre constitutionnel et échafauder des solutions politiques consensuelles est-elle envisageable et surtout est-elle dans les tablettes de l’ANP ?


Le temps joue en faveur d’une prolongation indéfinie de la crise politique actuelle. Les opérations « mains propres » enclenchées contre les oligarques et leurs protecteurs politiques risquent de faire long feu avec la non-comparution de celui qui est considéré comme la « tête pensante » de l’ancien système, Saïd Bouteflika. Avec l’arrivée du Ramadhan et l’approche de la fin de l’année scolaire et universitaire, le report aux calendes grecques de toute solution peut provoquer un blocage durable de la situation. Les institutions financières internationales commencent à tirer la sonnette d’alarme. Il y a péril en la maison Algérie !Après 11 semaines de mobilisation sans précédent pour le changement du système et le départ des figures de proue des années Bouteflika, la situation semble bloquée. Ni le « hirak » n’a pu faire émerger des têtes susceptibles d’assumer le leadership du mouvement ni les « résidus » du système politique n’ont assumé leurs responsabilités pour répondre favorablement aux cris de « dégage ! ». Le pays s’installe dans une sorte de cercle vicieux avec pour résultat des indicateurs économiques qui risquent de virer au rouge et l’incertitude que renvoie la maison Algérie à ses partenaires étrangers. L’heure est peut-être à la négociation politique.


Par M’hamed Khodja


Et c’est l’Armée nationale populaire, par la voix de son chef, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, qui a donné le tempo. Dans son message de mercredi dernier, le général a estimé qu’« adopter le dialogue constructif avec les institutions de l’Etat est l’unique moyen pour sortir de la crise, étant conscient que le dialogue est l’un des moyens les plus civilisés et les plus nobles dans les relations humaines et la voie la plus judicieuse pour présenter des propositions constructives, rapprocher les points de vue et atteindre un consensus autour des solutions disponibles ».


Cette « feuille de route » de l’ANP se veut comme un brise-glace afin d’enclencher un cercle vertueux pour dépasser l’impasse actuelle. Ce seul paragraphe contient des mots clés. « Dialogue constructif avec les institutions de l’Etat », « présenter des propositions constructives », « rapprocher les points de vue », « atteindre un consensus » et « solutions disponibles ». Justement, ce dernier segment est intéressant dans la mesure où il parle de « solutions » au pluriel. Gaïd Salah est-il en passe de dépasser l’option de l’élection présidentielle du 4 juillet ? Ce dernier message n’en parle pas, d’autant que techniquement il semblerait quasi irréalisable d’organiser un tel rendez-vous électoral en l’absence de nomination du président et des membres de l’instance indépendante de surveillance des élections.


Cette « mine » léguée par Abdelaziz Bouteflika, qui a « dégommé » cette instance constitutionnelle avant sa démission, est difficilement surmontable. L’absence de consensus autour de la composante de cette commission est un écueil supplémentaire à surmonter.


Mais pour en revenir aux politiques, ces derniers, dont la plupart avaient acclamé l’ANP, l’exhortant à assumer ses responsabilités, commencent à accorder leurs violons dans la multiplication d’initiatives ces dernières quarante-huit heures. Ali Benflis, président de Talaï el Houriyate, qui estime que l’Algérie est face à une « impasse totale », doit « permettre au dialogue de s’enclencher en réunissant les conditions les plus favorables à son bon déroulement et à son succès ». Les conditions du dialogue selon l’ancien chef de gouvernement se résument à l’émergence d’interlocuteurs valables et surtout crédibles, afin d’entamer ce dialogue dans un cadre connu et précis


avec un objectif précis. La transition, selon Benflis, doit être précise, consensuelle et limitée dans le temps.


Mustapha Bouchachi est plus radical. Le départ des 3 B s’apparente à une condition sine qua non pour l’amorce d’une période de transition. Pour cet avocat, figure reconnue du ‘hirak’, il faudrait arriver à mettre en place une « feuille de route consensuelle » ayant pour objectif l’amorce « d’une période de transition dirigée par des hommes et des femmes acceptés par les Algériens ».


Si l’idée de dialogue fait son petit bonhomme de chemin, celui-ci doit être suffisamment représentatif pour aboutir à des résultats palpables. Pourra-t-on dépasser l’observation rigoureuse de l’article 102, une autre « mine » qui obère toute solution par la stricte observation et application de cet article ? L’évocation des articles 7 et 8 de la Constitution pour dépasser justement le cadre constitutionnel et échafauder des solutions politiques consensuelles est-elle envisageable et surtout est-elle dans les tablettes de l’ANP ?


Le temps joue en faveur d’une prolongation indéfinie de la crise politique actuelle. Les opérations « mains propres » enclenchées contre les oligarques et leurs protecteurs politiques risquent de faire long feu avec la non-comparution de celui qui est considéré comme la « tête pensante » de l’ancien système, Saïd Bouteflika. Avec l’arrivée du Ramadhan et l’approche de la fin de l’année scolaire et universitaire, le report aux calendes grecques de toute solution peut provoquer un blocage durable de la situation. Les institutions financières internationales commencent à tirer la sonnette d’alarme. Il y a péril en la maison Algérie !

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