
Même si la région de Constantine n’a pas été concernée par les empoisonnements dus aux champignons toxiques qu’ont connus plusieurs wilayas de l’est du pays, les services de la Direction de la santé et de la population (DSP) ont tout de même pris leurs précautions en lançant une alerte sur le risque de collecte et d’ingestion des champignons vénéneux.
En effet, un communiqué a été rendu public pour prévenir contre la dangerosité de ces champignons et leur commercialisation par «de pseudo-commerçants sans scrupules», est-il mentionné. La DSP de Constantine considère que les conditions météorologiques et les dernières pluies automnales ayant touché plusieurs wilayas de l’Est favorisent la poussée des champignons et, partant, facilitent leur cueillette, même par des enfants qui sont envoyés par des commerçants pour les ramasser, sans se soucier de leur comestibilité.
Et comme il est extrêmement difficile de distinguer entre les espèces comestibles et celles toxiques, le marché a été ainsi inondé d’espèces extrêmement dangereuses, voire mortelles. Il y a eu des morts à Oum El-Bouaghi, des enfants en bas âge ont été victimes de cette «fièvre» consommatrice de champignons toxiques. Trois autres décès ont été enregistrés dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj, alors que plusieurs hospitalisations de personnes présentant des douleurs abdominales après avoir mangé des champignons ont été signalées à Jijel, Tébessa, Guelma et Khenchela. Autant dire que la carte de la toxicité des champignons s’étend sur une grande partie de l’Est algérien.
Il va sans dire que la découverte du filon des champignons par des commerçants véreux de plus en plus nombreux à s’incruster dans ce marché a fait que le risque de contamination s’est accru dernièrement.
En effet, des marchands recrutent des enfants pour la cueillette des champignons, moyennant une somme dérisoire, avant de les revendre à 150 DA le kilo.
Une marchandise très prisée par des familles qui trouvent là une «bonne» substitution aux viandes blanches et rouges beaucoup plus chères.
Il suffit de se rendre dans les marchés ou emprunter les routes de l’est du pays pour voir la «champignomania» qui s’est emparée de la région.
Bref, le commerce des champignons a pris de l’essor et avec lui le risque de voir les intoxications augmenter.
Devant cette menace, force est de constater que beaucoup reste à faire en matière de prévention et de sensibilisation dans les structures sanitaires, les écoles, les forêts et les médias lourds. S. B.
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